SMABTP veut doubler le portefeuille de Tour Eiffel d’ici 3 à 5 ans
Nouveau rebondissement à la Société de la Tour Eiffel (STE). L’actionnaire minoritaire, Chuc Hoang, récidive en déposant un recours contre la surenchère de SMA BTP. Pourtant, la cour d’appel de Paris avait rejeté le mois dernier la demande de sursis à exécution de la première offre, dans l’attente du jugement sur le fond. Et en raison de cette incertitude, STE risque de perdre le statut SIIC au moins provisoirement. Pour l’heure, avec cette nouvelle procédure, la clôture de l’offre, prévue initialement le 23 mai, devrait donc être repoussée.
Malgré ces nouveaux déboires, SMA BPTP reste confiant. «Nous offrons à la fois un prix –53 euros par action– reconnu par les analystes spécialisés comme attractif et une stratégie de développement ambitieuse, explique à L’Agefi Hubert Rodarie, directeur général délégué de SMABTP. Elle est différente de celle d’un groupe familial comme celui de M. Chuc Hoang qui vise plutôt une croissance prudente mais nécessairement limitée. Nous avons des ambitions d’un autre ordre. En plus d’une gestion rigoureuse des cash flow, nous voulons doubler le portefeuille de STE d’ici 3 à 5 ans, en n'écartant aucun domaine d’action: restructuration des sites, promotion immobilière et développement sur le foncier disponible.» Pour y parvenir, «il faut une équipe compétente et un actionnariat qui soutient la stratégie par des apports de capitaux appropriés», ajoute Hubert Rodarie, refusant toutefois pour le moment de se prononcer sur le maintien ou non du management actuel, attaqué par ailleurs par Chuc Hoang.
«Chuc Hoang pourrait se rallier à cette stratégie en apportant une partie de ses titres et en abandonnant ses recours, ajoute Hubert Rodarie. Ensuite, les questions de gouvernance –direction et composition du conseil– pourraient être évoquées ensemble.»
Et, «si une majorité franche apporte ses titres à notre offre –ce qu’anticipent nos sources de marché– nous pourrons accompagner l’augmentation de capital dont a besoin STE, poursuit Hubert Rodarie. Le ratio d’endettement (LTV de 46,7% fin 2013) sera abaissé et permettra de retrouver plus de sérénité face aux intervenants, banquiers et locataires. En effet, notre stratégie est proche de celle développée par STE, mais différente par son ampleur et par la palette des moyens qui pourront être utilisés. Jusqu’ici, STE privilégiait les achats avec levier, ce qui orientait les choix vers des projets à rendements et à risques plus élevés.»
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