Siemens et Mitsubishi ont peaufiné leur projet pour Alstom
Après un week-end de préparatifs intenses, Siemens devrait présenter aujourd’hui au conseil d’administration d’Alstom son projet pour l’industriel français. Le géant allemand, dont le conseil d’administration s’est réuni hier, s’est allié pour l’occasion au japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI), lui-même épaulé par Hitachi. Selon le Wall Street Journal, MHI prendrait jusqu'à 10% du capital d’Alstom auprès de Bouygues, détenteur d’une participation de 29,3%. L’Etat français, vraisemblablement au travers de Bpifrance, en hériterait également d’une partie. Bouygues, qui se présente comme un actionnaire de long terme, a toutefois précisé ne pas avoir été contacté par MHI.
D’un point de vue industriel, le conglomérat munichois rachèterait en numéraire les turbines à gaz d’Alstom, tandis que MHI et Hitachi rapprocheraient leurs turbines à vapeur, équipant les centrales nucléaires, de celles d’Alstom. Selon Les Echos, MHI compterait créer plusieurs coentreprises. Reuters a évoqué un apport global en numéraire de 9 milliards d’euros de la part de MHI et Siemens. Ce dernier proposerait par ailleur d’apporter, dans un second temps, des actifs de sa branche transport à Alstom. Avec en toile de fond, la perspective de créer un géant européen du ferroviaire.
Alstom devra donc trancher entre deux offres. Celle de l’américain General Electric, d’un montant de 16,9 milliards de dollars (12,49 milliards d’euros). Interrogé ce week-end, le ministre des Finances Michel Sapin a estimé qu’elle pouvait encore être améliorée. Il a en outre déclaré que l’offre de Siemens devenait plus attrayante avec le soutien de MHI. Si ce projet a les faveurs du ministre de l’Economie, Arnaud Montebourg, il n’est pas certain qu’il en soit de même à l’Elysée, rappellent Les Echos. La présidence souligne en effet les efforts consentis par GE, alors qu’Alstom est sous la menace d’une forte amende aux Etats-Unis pour des faits de corruption présumés. Un dossier qui se poursuit aussi outre-Manche où le Serious Fraud Office a reçu le feu vert pour mener une action judiciaire le cas échéant, note le Financial Times. La proposition de GE est valable jusqu’au 23 juin. Demain, le PDG de Siemens viendra défendre sa vision devant l’Assemblée nationale. La semaine à venir s’annonce décisive.
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