Schneider peine à apaiser la crainte d’une coûteuse OPA sur Tyco
Le démenti de Schneider Electric affirmant «ne pas être actuellement en discussion avec Tyco International sur une éventuelle opération stratégique» n’aura servi à rien. L’action du groupe d’équipements électriques a cédé 0,13% hier, portant à 7,16% sa chute en trois jours, soit une perte de capitalisation de 2,36 milliards d’euros. Le message est donc clair: au prix de 30 milliards de dollars que Schneider aurait proposé à Tyco lors d’une première approche, selon la presse américaine, les investisseurs ne voient pas l’intérêt qu’aurait l’OPA. D’autant que la valeur de l’américain a bondi de 8% à 24 milliards de dollars et pourrait encore monter à la faveur d’une offre concurrente.
En supposant un prix de 30 milliards de dollars, et avec un paiement à 30% en actions Schneider, le rapprochement devrait générer entre 1,1 et 1,3 milliard de dollars de synergies pour commencer à être bénéfique, soit 5% à 6% du chiffre d’affaires de Tyco, selon Kepler. Un niveau élevé pour ce type d’opération. Selon Oddo, il faudrait attendre 2015 pour que la rentabilité des capitaux employés atteigne le coût moyen pondéré du capital, «soit une création de valeur implicite à partir de 2016, au bout de cinq ans».
La taille de l’opération, la plus importante de l’histoire de Schneider, ferait également peser un risque d’exécution autrement plus dangereux que celui-ci porté par la dizaine d’acquisitions menées par la direction actuelle du groupe. Une partie des actifs de Tyco, notamment les valves pour les réseaux d’eau, ne trouveraient pas leur place dans le périmètre du groupe. Ce qui obligerait Schneider à les revendre. Selon le Daily Telegraph, le montage envisagé prévoirait la mise en place d’un crédit relais le temps de trouver un repreneur pour cette activité valorisée au mieux 6,5 milliards de dollars par Exane BNP Paribas. Reuters indique que Schneider discute avec ses banques pour arrêter le financement.
Néanmoins, pour espérer garder la note de sa dette dans la catégorie «investissement» (il est noté actuellement A- par S&P), Schneider devrait émettre au moins 8 milliards d’euros en actions nouvelles, selon les analystes crédit de Natixis, soit 26% de sa capitalisation. Or, même si un rachat de Tyco présenterait quelques avantages, comme la place de numéro un des automatismes dans le bâtiment (alarme), les actionnaires ont fait savoir ces derniers jours qu’ils n’étaient pas prêts à financer une OPA dans les conditions actuelles.
Plus d'articles du même thème
-
KNDS reporte son introduction en Bourse
Le fabricant d’armes franco-allemand met en pause son projet de cotation à Paris et Francfort en raison des conditions de marché. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français