Sanofi a atteint le creux de la vague due à la perte de ses principaux brevets

Le groupe, qui mise sur les marchés émergents, Genzyme ou le traitement du diabète pour rebondir, a relevé son objectif de résultat annuel
Benoît Menou

Le trimestre écoulé a marqué pour Sanofi rien de moins qu’un «tournant» selon son directeur financier Jérôme Contamine, de par la perte d’exclusivité en août aux Etats-Unis de l’anticancéreux Eloxatine. Un événement attendu qui, quelques mois après la chute dans le domaine public outre-Atlantique du Plavix (accidents cardio-vasculaires) et de l’Avapro (pression artérielle), signifie que «la falaise des brevets est derrière nous» aux yeux du dirigeant. Même si en termes de résultats ces pertes de brevets auront un impact négatif pendant quelques trimestres encore, le groupe «aperçoit le bout du tunnel» aux dires du directeur général Christopher Viehbacher. D’autant qu’il «n’a pas démérité jusqu’ici» sur le front de la R&D, relève Natixis.

Sanofi ne manque pas d’arguments pour rebondir, comme en ont témoigné les résultats trimestriels à fin septembre publiés hier, en repli moins prononcé que ne le craignaient les analystes. Le chiffre d’affaires de 9,04 milliards d’euros est en recul de 3,1% à changes constants. Le groupe souhaite avant tout mettre en lumière la poursuite du développement de ses «plates-formes de croissance» (des marchés émergents, en croissance de 6,8% au troisième trimestre, au traitement du diabète, de Genzyme à la santé animale notamment), qui ont représenté 70,9% des ventes sur le trimestre, 6,4 points de plus qu’il y a un an et près du double du niveau observé en 2008. Jérôme Contamine a confirmé à L’Agefi l’objectif d’atteindre le seuil des 80% de l’activité d’ici 2015. Le chiffre d’affaires en Europe de l’Ouest a ainsi chuté de 11,6% à 23% du total, sous le joug de politiques publiques de remboursement plus restrictives.

En termes de résultats, la «meilleure allocation des ressources porte ses fruits», assure le dirigeant, avec un rythme d’économies «plus rapide qu’envisagé, notamment grâce à Genzyme», pour lequel les synergies pourraient être bouclées avec près d’un an d’avance, début 2013. Jérôme Contamine veut croire que le groupe pourrait afficher en 2012 une marge opérationnelle «dans le haut de la fourchette indiquée de 31 à 32%». Cet indicateur s’est élevé à 33,9% sur le trimestre écoulé. Sanofi a, qui plus est, relevé sa prévision de résultat net 2012 par action, tablant sur un repli voisin de 12% contre précédemment une fourchette de 12 à 15% et respectivement -14,5 et -8,4% sur les trois et neuf derniers mois.

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