Rusal affiche sa plus forte perte depuis 2008 à cause d’importantes dépréciations d’actifs
Au lendemain de sa victoire juridique contre le London Metal Exchange (L’Agefi du 28 mars), Rusal a annoncé une perte nette de 3,2 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros) pour l’exercice 2013, la plus élevée depuis 2008, contre un résultat négatif de 528 millions un an plus tôt. Le géant russe de l’aluminium a dû passer des dépréciations d’actifs et des charges de restructurations pour un montant total de 1,9 milliard de dollars, correspondant à 60% de sa perte annuelle.
Ces dépréciations «portent sur des survaleurs et sur d’autres actifs immobilisés comme le projet de fonderie de Taishet, actuellement gelé en raison de l’environnement de marché défavorable», précise Rusal. Le repli de 8,6% du prix moyen de l’aluminium l’a par ailleurs incité à réduire sa production de 7,6% à 3,9 millions de tonnes.
«Nous n’avons pas constaté de détérioration de la situation durant le premier trimestre 2014», a souligné le directeur financier Alexandra Bouriko qui n’anticipe pas d’autres dépréciations d’actifs à court terme. Le groupe prévoit désormais une hausse de 6% de la demande mondiale d’aluminium cette année, misant sur le fait que le déficit grandissant de l’offre entraînera une diminution des stocks dans un contexte économique mondial plus favorable. D’autre part, «l’amélioration constatée sur le marché du nickel devrait accroître cette année la quote-part des résultats de Norilsk mis en équivalence, qui s’élevait à 168 millions l’an dernier», jugent les analystes de Barclays. Rusal a d’ailleurs réaffirmé son intention de conserver sa participation de 28% dans le premier producteur mondial de nickel.
S’il est parvenu à réduire sa dette nette de 6,6% à 10,1 milliards de dollars l’an dernier grâce à la maîtrise de son BFR, le groupe russe doit encore obtenir une renonciation de créances (waiver) de la part de certains prêteurs bancaires internationaux concernant le refinancement d’un crédit syndiqué de 4,75 milliards de dollars obtenu en 2011, qui arrivait à échéance aujourd’hui même. Ces créanciers ont accepté de ne pas exercer leurs droits jusqu’au 7 juillet afin de donner plus de temps à Rusal pour boucler les négociations. Le groupe s’attend à ce que «le remboursement du principal de cette dette soit repoussé à 2016 et aux années suivantes».
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