Rupert Murdoch laisse les rênes de son empire à son fils Lachlan
Rupert Murdoch a annoncé quitter ses fonctions de président de Fox Corp et de News Corp, mettant fin à une carrière de plus de sept décennies au cours de laquelle il a créé un empire médiatique s'étendant de l’Australie aux États-Unis.
Son fils, Lachlan Murdoch, deviendra le seul président de News Corp et restera président-directeur général de Fox, ont annoncé les entreprises jeudi. La transition consolide le rôle de Lachlan en tant que dirigeant de l’empire médiatique, mettant fin, au moins temporairement, aux questions de succession au sein de la famille Murdoch. Un feuilleton qui a d’ailleurs largement inspiré la série à succès de HBO, Succession.
Dans un mémo adressé au personnel jeudi, Rupert Murdoch a écrit : «Nos entreprises sont en bonne santé, tout comme moi».
Un accord à 787 millions
Cette nouvelle intervient quelques mois seulement après que le milliardaire, âgé de 92 ans, a abandonné un projet de réunification de son empire médiatique en fusionnant Fox et News Corp. Plusieurs actionnaires importants avaient rejeté la proposition au motif qu’elle n’aurait pas permis de révéler la pleine valeur de l’entreprise.
Rupert Murdoch, qui détient des participations presque majoritaires dans les deux sociétés, sera nommé président émérite des deux entreprises.
A lire aussi : Disney+, dans la tourmente, engage des discussions avec Amazon
Au début de l’année, Fox a réglé un procès en diffamation avec Dominion Voting Systems pour 787,5 millions de dollars, évitant ainsi une affaire judiciaire dans laquelle Rupert Murdoch, son fils Lachlan et des cadres et animateurs de Fox devaient témoigner.
Le procès aurait placé Fox dans le collimateur pour avoir amplifié de fausses allégations de fraude électorale lors de l'élection présidentielle américaine de 2020. Les experts juridiques ont déclaré que l’accord était le plus important jamais conclu par une entreprise de médias américaine.
La succession reste incertaine
Rupert Murdoch souhaite depuis longtemps que ses enfants finissent par prendre les rênes de l’empire. Son fils James était PDG de Twenty-First Century Fox avant que la société ne décide de vendre ses actifs cinématographiques et télévisuels à Walt Disney Co pour 71,3 milliards de dollars, une transaction qui s’est conclue en 2019.
James a ensuite utilisé le produit de la vente dans une société d’investissement privée, Lupa Systems. Lachlan a été nommé PDG de la nouvelle Fox Corp.
À la mort du patriarche, ses autres enfants pourraient toutefois contester le pouvoir de Lachlan. Rupert Murdoch contrôle News Corp et Fox Corp par l’intermédiaire d’un trust familial basé à Reno, dans le Nevada, qui possède environ 40% des actions avec droit de vote de chaque société. Il détient également un petit nombre d’actions des sociétés en dehors du trust.
Chacun des quatre enfants adultes de Rupert Murdoch dispose d’une participation dans le trust. Toutefois, ses filles cadettes Chloe et Grace, issues de son troisième mariage avec Wendi Deng, n’ont pas de droit de vote dans le trust.
Le transfert des actions avec droit de vote de News Corp et de Fox Corp de Rupert Murdoch à ses quatre enfants adultes pourrait créer un scénario dans lequel trois des enfants pourraient mettre en minorité un autre, ce qui pourrait donner lieu à une bataille sur l’avenir des entreprises, même si Lachlan Murdoch supervise aujourd’hui Fox Corp et News Corp.
Fox et News Corp ont un système d’actionnariat double, avec des actions de classe A sans droit de vote et des actions de classe B avec droit de vote. Les actions de Fox et de News Corp détenues par les enfants de Murdoch par l’intermédiaire du trust sont une combinaison des deux catégories d’actions.
Les actions de Fox ont augmenté de 2% après l’annonce de la démission de Murdoch. Les actions de News Corp ont gagné 0,6%.
(Avec Reuters)
A lire aussi : La famille Pinault prend le contrôle de l'agence de stars américaine CAA
Plus d'articles du même thème
-
Les données personnelles des actionnaires ne doivent pas être rendues publiques
Saisie par la Lettonie, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) vient de préciser les limites de la transparence que peut exiger un Etat de l’Union. -
Publicis réalise une belle prise en remportant le budget média mondial de PepsiCo
Ce succès commercial est applaudi en Bourse. Pepsico a dépensé plus de 3 milliards de dollars dans la publicité l'an dernier. -
Le nouveau président de BP promet un dialogue régulier et transparent avec les actionnaires
Le président par intérim, Ian Tyler, est confirmé. Le pétrolier doit maintenant trouver un nouvel administrateur référent indépendant, Amanda Blanc venant d’informer le conseil qu’elle ne se représentera pas en 2027.
ETF à la Une
Goldman Sachs s’apprête à entrer sur le marché européen des ETF à rendement défini
- Banques françaises : ce que le coefficient d'exploitation ne mesure pas
- Le pétrole bondit de plus de 3% après l’attaque américaine contre l’île de Larak
- Swift accorde un répit aux banques sur les adresses structurées
- John Ternus relève le défi de s’imposer à la tête d’Apple
- Astrid Panosyan-Bouvet devient DRH d’Axa
Contenu de nos partenaires
-
Poutine ordonne l'arrêt des frappes sur Kiev pendant trois jours alors que les émissaires de Trump sont à Moscou
Jared Kushner et Steve Witkoff, les deux émissaires de Donald Trump, se trouvent actuellement à Moscou, samedi 5 septembre, où ils doivent rencontrer Vladimir Poutine. Ils seront le lendemain à Kiev, une première pour eux, pour un entretien avec Volodymyr Zelensky. La pause dans les frappes commence dans la nuit de ce samedi à dimanche -
Couteau dans le dosVolkswagen : pourquoi les salariés ont soutenu la suppression de 50 000 postes supplémentaires
Le principal syndicat du groupe automobile estime que l'accord laisse la porte ouverte à une poursuite d'activités ou une reprise des quatre usines menacées outre-Rhin -
La roue tourneDette américaine : le signal du fonds souverain norvégien à Donald Trump
Les investisseurs étrangers invoquent toutes sortes de raisons pour justifier une baisse de leur exposition à la dette publique américaine