« Rhodia s’attend à une moindre contribution des crédits carbone dès 2013 »

Pascal Bouchiat, directeur général adjoint en charge des finances, revient sur la stratégie de croissance et la structure de bilan du chimiste
Yves-Marc Le Reour

L’Agefi: Quels sont vos principaux axes de développement à moyen terme ?

Pascal Bouchiat: Nous misons principalement sur trois leviers. La croissance organique dans les pays émergents, particulièrement en Chine où nous venons d’inaugurer une usine de silice de haute performance, technologie utilisée dans les pneumatiques verts. L’innovation en faveur de produits répondant aux enjeux du développement durable. Côté croissance externe, le rachat du chinois Feixiang Chemicals pour 350 millions d’euros, première opération importante depuis l’acquisition de l’américain McIntyre début 2009, fera passer à 50% la part de notre activité provenant des zones émergentes.

Quel est l’impact des crédits carbone et du règlement Reach dans vos comptes ?

Sur un excédent brut d’exploitation (EBE) de 900 millions d’euros attendu en 2010, 17% proviendront des crédits carbone, mais les incertitudes concernant le protocole de Kyoto devraient conduire à une contribution moindre à partir de 2013. Nous avons de ce fait communiqué un objectif d’EBE d’un milliard hors crédits carbone d’ici 3 à 5 ans. Ce mécanisme nous a cependant permis de développer des compétences dans la gestion et la commercialisation de ces crédits, en plus d’une expertise technologique dans la réduction des gaz à effet de serre grâce à nos projets au Brésil ou en Corée du Sud. Quant au coût de Reach qui impose l’enregistrement des produits chimiques commercialisés dans l’Union européenne, nous l’avons estimé à 80 millions étalés entre 2008 et 2018. Cette réglementation fait désormais partie intégrante de notre fonctionnement et l’échéance du 30 novembre prochain ne nous pose donc pas de problème spécifique.

Comment avez-vous géré votre dette au cours des derniers mois ?

Nous avions début 2010 un milliard d’euros de dette à maturité 2013, désormais refinancée à hauteur de 80 % par deux émissions obligataires à échéance 2018 (500 millions d’euros) et 2020 (400 millions de dollars). Nous n’avons donc plus d’échéance significative avant 2014 (environ 600 millions d’euros). Nous disposons par ailleurs de 1,9 milliard d’euros de liquidité totale, dont 540 millions de ligne de crédit revolving à échéance mi-2012. Après l’intégration de Feixang prévue fin novembre, nous devrions terminer l’année avec une dette nette de 1,1 milliard d’euros, soit 1,2 fois l’EBE, contre un ratio inférieur à 4 fois en 2005.

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