Renault prend la mesure de la crise russe
Renault revoit à la baisse ses perspectives sur la Russie. Alors que l’Union européenne a adopté hier une nouvelle série de sanctions contre Moscou pour son rôle dans la crise ukrainienne, le marché automobile russe devrait se contracter cette année à un rythme supérieur aux 10% anticipés jusqu’à présent. Au premier semestre, la baisse des ventes a atteint 7,6% dans le pays, qui constitue grâce à l’accord avec Avtovaz le troisième marché du constructeur automobile, derrière la France et le Brésil.
«Nous sommes probablement un petit peu trop optimistes», a indiqué hier Jérôme Stoll, directeur commercial du constructeur, au sujet de cette prévision de -10%. «Il y a des discussions actuellement entre le ministère de l’Industrie russe et les constructeurs automobiles pour voir si des mesures spécifiques pourraient être mises en place pour essayer de soutenir un petit peu le marché, a précisé le dirigeant. Ça pourrait être une manière de conforter notre -10%, et de ne pas aller plus loin».
L’hypothèque russe, qui se caractérise aussi par la volatilité du rouble, explique en partie les prises de bénéfices sur l’action, en baisse de 4,63% hier. L’ensemble des marchés émergents de Renault est d’ailleurs touché: les ventes vont continuer à baisser au Brésil, et le directeur financier Dominique Thormann a évoqué hier «une visibilité très limitée sur la Turquie, l’Algérie, et par-dessus tout, l’Argentine», qu’un défaut sur sa dette plongerait dans le marasme.
En revanche, la reprise est plus forte que prévu en Europe. Renault y prévoit désormais une hausse de 3% à 4% du marché, contre 2 à 3% auparavant. Le groupe automobile a donc confirmé ses objectifs d’une hausse du chiffre d’affaires à taux de change constant, d’une progression de la marge et d’un cash-flow opérationnel positif pour la branche auto. Ce dernier est tombé à -360 millions d’euros sur le semestre écoulé, reflet de l’impact négatif de la variation du besoin en fonds de roulement lié aux stocks pour 861 millions d’euros.
Le résultat net, part du groupe, a bondi à 749 millions d’euros au premier semestre.
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