Renault peut se préparer à une assemblée générale houleuse

Le constructeur, qui a publié hier soir des ventes records en volumes au premier trimestre, essuie les critiques de Proxinvest sur sa gouvernance
Antoine Duroyon
Photo: Bloomberg
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Proxinvest sort les griffes. Dans une lettre conseil diffusée lundi, le cabinet de conseil aux investisseurs s’en prend vertement au mode de gouvernance du constructeur, secoué par l’affaire d’espionnage présumé et d’escroquerie.

«Renault offre au monde la plus parfaite illustration de la gouvernance à la française: le pouvoir incontesté d’un PDG incontrôlé, un actionnaire public aussi embarrassé qu’inefficace, des administrateurs et des commissaires aux comptes complaisants», fustige Proxinvest.

A quelques jours de l’assemblée générale des actionnaires, prévue ce vendredi, le cabinet recommande de refuser le renouvellement du mandat de Philippe Lagayette, président du comité d’audit et administrateur de référence. «Nous estimons que M. Lagayette n’est pas un contre-pouvoir suffisant à la concentration des pouvoirs de directeur général et président du conseil de Carlos Ghosn, auquel il sert d’alibi», justifie Proxinvest.

Une analyse que ne manque pas de réfuter Renault. «La présence d’une majorité d’administrateurs indépendants et la nomination en juillet 2009 d’un administrateur de référence constituent une garantie quant à l’équilibre des pouvoirs», estime Dominique Thormann, le directeur financier.

Face à la pression des actionnaires, la marque au losange pourra opposer des résultats du premier trimestre en avance sur les perspectives du début de l’année. Le chiffre d’affaires a bondi de 15% à 10,43 milliards d’euros, contre un consensus Reuters de 9,62 milliards. Les ventes en volumes ont augmenté de 5,8% pour atteindre le record de 692.607 unités.

Le constructeur prévient que les conséquences du séisme au Japon devraient conduire à un ralentissement de la production dans les prochains mois. Il maintient toutefois ses objectifs 2011, notamment un «cash flow libre» opérationnel pour l’automobile supérieur à 500 millions d’euros, mais estime désormais que la croissance de la production mondiale devrait être inférieure aux 6% dévoilés en février.

Autre argument positif à faire valoir : le groupe a remboursé hier, comme son rival PSA Peugeot Citroën, le solde du prêt public octroyé par l’Etat. «Ainsi, les 6,25 milliards d’euros octroyés par l'État aux constructeurs automobiles en 2009 sont intégralement remboursés», a indiqué Bercy dans un communiqué. Et de préciser : «ces prêts auront rapporté au total 715 millions d’euros d’intérêts à l'État, sur une durée moyenne de 21 mois».

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