Rémy Cointreau rassure en dépit d’un essoufflement de la croissance

Le groupe a publié des résultats semestriels flatteurs, sous l’impulsion d’un cognac toujours plus prisé en Asie ou aux Etats-Unis
Benoît Menou

Le cognac continue de faire pétiller les résultats de Rémy Cointreau. En témoignent les comptes semestriels au 30 septembre publiés hier par le groupe de spiritueux, marqués par une croissance organique des ventes de 13,3% (à 595,8 millions d’euros, +25,5% en données brutes).

Cet indicateur, dévoilé le mois dernier, a pourtant pâti d’un net ralentissement au deuxième trimestre, à +5,3% contre +24,4% au premier. Qui plus est, la tendance devrait se confirmer. Le groupe a assuré que «dans un environnement économique et monétaire incertain, notamment en Europe», il «envisage une croissance plus modérée au second semestre». Aurel voit plus loin en misant sur «une croissance certainement plus raisonnable en 2013».

Le directeur général Jean-Marie Laborde s’est dit hier dans ce contexte très confiant sur les perspectives du marché chinois. Le dirigeant a concédé que les commandes des grossistes y avaient ralenti au deuxième trimestre mais commençaient à redémarrer. Rémy Cointreau met en avant pour le semestre écoulé une «bonne dynamique commerciale dans toutes les régions du monde», avec de «très belles croissances en Asie et aux Etats-Unis» et même, «dans une moindre mesure, en Europe».

Surtout, le groupe a affiché une rentabilité en amélioration, lui permettant de confirmer son «objectif d’améliorer significativement son résultat annuel» à fin mars prochain. Un «discours plus rassurant sur sa dynamique de croissance», selon Gilbert Dupont, même si ce bénéfice net a déjà presque doublé sur les six premiers mois (+83% à 86,6 millions). Le résultat opérationnel courant a bondi de 18,0% en organique au premier semestre (141,5 millions), correspondant à une marge en hausse de 1,3 point à 23,7%.

C’est une nouvelle fois le cognac qui a tiré tant l’activité que les résultats, avec un chiffre d’affaires en progression organique de 20,1% et une marge opérationnelle courante en hausse de 2 points à 34,9% sur fond de montée en gamme.

L’évolution de la marge côté liqueurs et spiritueux constitue en revanche la «mauvaise surprise» des résultats aux yeux d’Aurel. Pénalisée par la progression des investissements marketing et «très probablement par les difficultés des marchés européens, la Grèce en particulier», comme le souligne le courtier, cette marge chute en effet de 6,4 points à 17,0%, en dépit d’une hausse de 3,5% des ventes en organique.

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