Publicis défend la régularité de la rémunération différée de Maurice Lévy
Alors que le gouvernement dévoilera bientôt ses nouvelles règles sur la rémunération des dirigeants d’entreprises publiques, les actionnaires de Publicis n’ont rien trouvé à redire la semaine dernière au versement d’une rémunération conditionnelle différée de 16 millions d’euros à Maurice Lévy, président du directoire du groupe publicitaire.
D’ailleurs, en réintégrant cette rémunération différée, Maurice Lévy aurait touché en moyenne 5,7 millions d’euros, contre 9,7 millions pour les patrons des autres géants de la publicité (IPG, Omnicom et WPP), selon une étude du cabinet Mercer, citée par Amaury de Sèze, président du comité des rémunérations, lors de l’assemblée générale de Publicis.
Si Proxinvest a contesté la régularité du dispositif de cette rémunération différée, Publicis rappelle que cette rémunération a été approuvée en 2008 à 79% et qu’elle n’avait pas à l’être lors des assemblées générales ultérieures. En réalité, le groupe explique qu’il n’avait pas à soumettre cette résolution aux actionnaires, car il ne s’agissait pas d’une indemnité de départ. Toutefois, comme à l’époque Maurice Lévy ne pouvait occuper ses fonctions au-delà de 70 ans, le versement de cette rémunération conditionnelle différée aurait été concomitant avec son départ de Publicis. Aussi, dans le doute, Publicis a préféré se placer sous la protection de la loi Tepa et faire voter cette rémunération via une convention réglementée. Depuis, les statuts de Publicis ont repoussé la limite d’âge à 75 ans.
Pourtant Proxinvest estimait que cette résolution devait être présentée au vote des actionnaires, d’une part en raison du renouvellement du mandat de Maurice Lévy, d’autre part, en raison d’une légère modification des termes d’attribution de cette rémunération. Or, Publicis répond que les conditions d’attribution de cette rémunération sont toujours les mêmes depuis 2008, avec un versement de la rémunération à la fin du mandat le 31 décembre 2011.
Bien que Maurice Lévy soit toujours à la tête du groupe, Amaury de Sèze a expliqué lors de l’assemblée générale que «le mandat de Maurice Lévy s’est terminé à la fin 2011, avant de redémarrer sur des bases totalement différentes». Autre argument en faveur de Publicis, Maurice Lévy ne bénéficie plus de cette rémunération différée à compter de 2012. Rien ne justifie donc le vote d’une nouvelle convention règlementée.
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