Proxinvest recommande des bons de fidélisation pour conserver un actionnariat stable
Avec la promulgation le 1er avril dernier de la loi «Florange» – édulcorée après la censure du Conseil constitutionnel –, les droits de vote double deviennent automatiques pour tout titre détenu au nominatif depuis au moins deux ans. Une disposition contestée dès le début par la plupart des acteurs de la Place, mais sur laquelle les parlementaires ne se sont pas vraiment penchés.
«Un phénomène de trucage, plus qu’un phénomène de récompense», n’hésite pas à déclarer Pierre-Henri Leroy, président de Proxinvest, rappelant que plus de 60% des résolutions du SBF 120 auraient été rejetées l’an dernier en l’absence de droit de vote double. Notamment chez Accor, Arkema, Ingenico ou Sodexo. Le droit de vote double est-il alors le meilleur outil pour favoriser l’actionnariat de long terme, objectif affiché de la loi «Florange»?
Proxinvest préfère soutenir une alternative innovante: les bons de fidélisation (loyalty shares). Un projet promu par l’Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique (Erafp) et par Amundi.
Ces bons de fidélisation fonctionneraient un peu comme des stock-options. Tous les actionnaires recevraient un bon de souscription de fidélité; mais il faudrait les détenir pendant une période minimum – définie par l’émetteur – avant de pouvoir les exercer. Ce mécanisme permettrait «d’accroître la liquidité, de réduire la volatilité, de mieux aligner les intérêts des actionnaires avec ceux du management sur le long terme, et d’augmenter le coût du prêt-emprunt de titres», se félicite Frédéric Samama, directeur adjoint de la clientèle Institutionnels d’Amundi.
Ce dispositif constitue «un élément puissant pour reconnaître le rôle des investisseurs institutionnels de long terme», estime Philippe Desfossés, directeur de l’Erafp. «Nous pensons qu’il y aura une forme de compétition dans le monde pour attirer des investisseurs de long terme», ajoute Frédéric Samama.
La mise en œuvre devrait être relativement facile, ne nécessitant pas de modification législative, assure Frédéric Samama. Dans le cadre de la résolution habituelle sur les augmentations de capital, il suffirait d’inscrire expressément cet élément de fidélisation.
La balle est désormais dans le camp des investisseurs et des émetteurs. Il appartient aux premiers de challenger les seconds pour promouvoir un véritable actionnariat de long terme.
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