Procter & Gamble cherche dans les médicaments sans ordonnance un remède à son dépérissement
Faut-il y voir une première retombée de la nomination de Neslon Peltz au conseil d’administration de Procter & Gamble ? Toujours est-il que le célèbre lessivier américain, qui a récemment fini par accepter l’investisseur activiste parmi ses administrateurs, a annoncé jeudi une acquisition de taille, celle de la branche parapharmaceutique du laboratoire allemand Merck KGaA.
Moyennant 3,4 milliards d’euros, Procter & Gamble met ainsi la main sur une gamme de compléments alimentaires et de médicaments sans ordonnance dont les ventres ont progressé de 6% l’an dernier, à 911 millions d’euros.
Cette acquisition est l’une des plus importantes réalisées par le géant américain des biens de consommation ces dernières années. Elle intervient alors que Procter est confronté à un ralentissement préoccupant de sa croissance. Gillette notamment, sa fameuse division de rasoirs, souffre particulièrement. D’abord du port de la barbe, qui s’est généralisé en quelques années, mais aussi de la concurrence de nouvelles marques de rasoirs comme Harry’s et Dollar Shave Club, (racheté en 2016 par Unilever) qui ont su tirer parti de la puissance des médias en ligne et conquis leur place sur un marché jusqu’ici dominé par le trio Gillette, Bic et Wilkinson.
Mais au-delà des rasoirs, ce sont les vieilles méthodes marketing de Procter & Gamble que Nelson Peltz remet en cause. Le matraquage télévisuel en prime-time et l’art d’optimiser le placement dans les rayons des hypermarchés ne suffisent plus à faire prospérer les marques de grande consommation. D’autant que les ménages bénéficient d’un choix pléthorique et n’hésitent pas à se tourner vers des petites marques voire des produits artisanaux, y compris en hygiène et beauté.
Parier sur les médicaments sans ordonnance n’est cependant pas dénué de risques. Certes le marché mondial est vaste, estimé à 200 milliards de dollars environ, et encore fragmenté. Mais connaît aussi une mutation avec la constitution de réseaux de pharmacies et la question du remboursement par les mutuelles. Là aussi, de nouveaux entrants plus agiles sont prêt à tailler des croupières aux grands acteurs de la parapharmacie.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT« La santé mentale va devenir un facteur de différenciation entre les entreprises et aussi un critère d’investissement »
Entretien entre Denis Panel, CEO de Sycomore AM, et Christophe André, psychiatre et auteur. -
Olivier Bertin, Caisse d’épargne Île-de-France : « La gestion des risques existait avant Trump »
Olivier Bertin, le responsable du département trésorerie-investissements de la Caisse d’épargne Île-de-France, était l’invité de l’Institutional Day organisé par L’Agefi en juin dernier et a répondu à nos questions sur le thème de la gestion des risques. -
Wim Vermeir (AG Assurances - Ageas) : «Le marché est porteur mais nous restons neutre dans notre allocation stratégique»
Depuis l’élection de Trump, l’instabilité géopolitique et économique semble être devenue la nouvelle norme. Wim Vermeir, le directeur des investissements d’AG Assurance – Ageas, invité lors de l’Institutional Day organisé par L’Agefi le 30 juin dernier, explique comment la gestion des risques s’adapte à ce nouveau contexte. -
Céline Boué (Korege) : « La cartographie des risques nous permet de naviguer comme avec une carte de navigation »
Dans un environnement instable, la gestion des risques consiste à distinguer le bon risque du mauvais risque, avec un point d’attention particulier pour les risques majeurs, explique Céline Boué, la directrice des investissements de Korege (Groupe Matmut) à L'Agefi à l'occasion de l'événement Instit Day. -
PARTENARIAT« Réindustrialiser nécessite de bien orienter les investissements vers les éléments clés des chaînes de valeur »
Interview vidéo avec Eric de Tessières, Group Chief Sustainability Officer d’Edmond de Rothschild
Contenu de nos partenaires
-
Série d'étéMoi, Robot 1er, président : « Je reconstruirais le contrat social »
SERIE. Le cofondateur de Blablacar Frédéric Mazzella a imaginé le discours fictif d'une Intelligence artificielle parvenue au sommet de l'Etat -
Le taux de chômage en France s’emballe à 8,3 %, un niveau inédit depuis 2020
Selon l’Insee, le taux de chômage en France s’établit à 8,3 % au deuxième trimestre, soit 0,7 point de plus par rapport à l’an passé. Ainsi, 2,7 millions de personnes sont au chômage, au sens du Bureau international du travail (BIT) -
Pollueur payeurFace au surtourisme, l'Italie joue la carte de la dissuasion
De Venise aux plages de Sardaigne, les sites les plus fréquentés multiplient tarifs, réservations obligatoires et quotas pour contenir des flux touristiques toujours plus importants