Pourquoi le rachat de Bouygues par Orange demeure incertain
C’est à juste titre que Stéphane Richard, le Pdg d’Orange, a reconnu hier n’avoir pas encore le feu vert de son grand actionnaire l’Etat pour racheter Bouygues Telecom.
Or ce n’est pas le seul écueil qu’il doive envisager. Car le passage par la case concurrence ne sera pas une formalité.
L’Etat ne valide pas la valorisation hier encore citée en référence par le patron d’Orange : 10 milliards d’euros, dont il juge inconcevable « de s'éloigner beaucoup ».
Selon des sources proches de l’actionnaire public, celui-ci ne se tient pas engagé par ce chiffre, jugé surestimé et qui résulte de l’offre que fit naguère Patrick Drahi pour Bouygues Telecom.
Du côté de l’Etat, on trace deux lignes rouges : que Bouygues demeure durablement autour de 10% du capital, et que la minorité de blocage que l’Etat détient en droits de vote ne soit pas remise en cause.
Au dernier pointage, l’actionnaire public détient 23% des droits de vote d’Orange.
Ce qui lui assure, compte tenu des quorums habituels, une minorité de blocage certaine en assemblée générale ordinaire, mais plus aléatoire en AG extraordinaire.
Cette volonté de contrôle paraît en tout cas incompatible avec les 10 milliards en question ou avec les 15% du capital d’Orange qu’ambitionnerait Bouygues.
D’où la volonté de l’Etat que Bouygues s’engage à ne pas monter ultérieurement au capital.
Le deuxième écueil concerne les autorités de la concurrence.
Bruxelles doit d’abord se dessaisir du dossier au profit de l’autorité française qui devra à son tour valider le dépeçage de Bouygues Telecom en cours de négociation.
Or tout laisse penser qu’elle entend y imprimer sa marque, au risque de remettre en cause le schéma de répartition si péniblement négocié.
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