Portugal Telecom sauve son projet de fusion avec le brésilien Oi
C’est la première conséquence notable de l’affaire Espirito Santo. Portugal Telecom, qui avait souscrit 897 millions d’euros de billets de trésorerie que l’une des holdings de BES, Rioforte, n’a pas été en mesure de rembourser (847 millions étaient échus le 15 juillet, et 50 millions aujourd’hui), a dû modifier les termes de sa fusion avec l’opérateur télécom brésilien Oi. Les actionnaires du groupe portugais devront désormais se contenter de 25,6% du capital de l’entité combinée, au lieu des 39,6% prévus lors de l’annonce de la fusion en octobre 2013.
Pour les analystes financiers, il s’agit d’un moindre mal. Portugal Telecom a sauvé l’essentiel avec son mariage, qui du point de vue des investisseurs obligataires lui permettra de bénéficier de la meilleure qualité de crédit d’Oi. L’action du groupe a d’ailleurs pris jusqu’à 8,36% en séance hier à Lisbonne, tandis que ses contrats de protection contre un défaut (CDS) se sont détendus de 20 points de base, à 200 pb selon les données de Markit. L’action Oi s’est envolée pour sa part de 18% à l’ouverture. Les nouveaux termes de la transaction devront encore être approuvés par les actionnaires de Portugal Telecom lors d’une assemblée générale prévue le 8 septembre, et par le gendarme boursier du Brésil.
Dans le détail, Oi, qui avait hérité en mai des billets de trésorerie Rioforte à l’occasion d’un apport d’actifs et d’une augmentation de capital, va les rendre à Portugal Telecom SGPS, une holding de tête. En échange, cette dernière lui transfère un bloc d’actions Oi, à la fois ordinaires et de préférence. L’opérateur portugais dispose d’une option d’achat sur ces titres, valable six ans mais réduite chaque année.
«Le call permettra à Portugal Telecom d’accroître sa participation dans Oi si le taux de recouvrement sur le papier commercial de Rioforte est meilleur que prévu», expliquent les analystes crédit de la Société Générale.
Sur ce point, l’incertitude règne. Un délai de 7 jours (cure period) court à partir du non-paiement des titres, à l’issue duquel le défaut ou la faillite de Rioforte pourraient être prononcés. Mais les déclarations de Carlo Costa, le gouverneur de la Banque du Portugal, ont éclipsé hier le non-paiement des billets de trésorerie. Le banquier central a déclaré que certains actionnaires de Banco Espirito Santo étaient prêts à renflouer ce dernier si besoin, une nouvelle bien accueillie par les investisseurs.
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