Philips est trahi par sa boulimie d’acquisitions dans la santé et l’éclairage
A défaut d’un présent radieux, Philips promet des surlendemains meilleurs. En annonçant hier de nouvelles mesures destinées à améliorer la performance du groupe néerlandais, son PDG Frans van Houten a en effet exprimé une grande prudence pour les prochains mois, caractérisés par «des risques opérationnels persistants compte tenu d’un environnement économique incertain». Après l’avertissement récent lancé sur ses résultats, le bénéfice d’exploitation trimestriel courant, en repli de 27% à 370 millions d’euros à fin juin, ressort cependant au-dessus du consensus qui tablait sur 304 millions.
Si l’éclairage et la santé ont mieux résisté que prévu, Philips a été trahi par les nombreuses acquisitions effectuées ces dernières années dans ces deux divisions en vue de stimuler sa croissance. Il a donc été conduit à déprécier près de 1,4 milliard d’euros de survaleurs au deuxième trimestre, 60% de ce montant étant attribuable aux équipements médicaux et la quasi-totalité du reste à l’éclairage. Sa perte nette s’élève à 1,35 milliard contre un bénéfice de 262 millions au deuxième trimestre 2010.
Le groupe lance un programme de rachat d’actions de 2 milliards d’euros sur les 12 prochains mois, soit «un peu plus de 12% de son capital», relèvent les analystes de Credit Suisse. Des réductions de coûts supplémentaires, sans fermeture d’usines, d’un montant de 500 millions seront également mises en œuvre, avec un effet positif sur la rentabilité du groupe à partir de 2013. D’ici là, Philips anticipe une progression de ses ventes de 4 à 6%, accompagnée d’une marge d’exploitation courante comprise entre 10 et 12% contre 7,2% durant le trimestre écoulé. Il table également sur une rentabilité des capitaux investis située entre 12% et 14%.
«Ces nouveaux objectifs semblent réalistes et sont en ligne avec nos prévisions pour 2013», juges les analystes de SNS Securities. Si l’action a perdu moins de 1% hier, le rachat de titres constitue «un signe négatif pour le marché de la dette», estime Jonathan White, analyste crédit chez RBS, en estimant que le ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation atteindra «environ 0,7 sur l’ensemble de l’exercice», alors que le groupe disposait d’une trésorerie nette positive à fin mars. Frans van Houten indique que ce rachat d’actions n’empêchera pas Philips «de procéder à des acquisitions ciblées».
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