Philips engage la scission stratégique de certaines activités d’éclairage
Philips poursuit le toilettage de son portefeuille d’activités. Ayant abandonné la fabrication de téléviseurs et misant avant tout sur la croissance de son activité dans la santé, le groupe diversifié néerlandais a dévoilé hier un projet de scission de certaines de ses activités dans l’éclairage, qui selon le directeur général Frans van Houten seront mieux armées pour la croissance à long terme en gagnant leur indépendance. Il s’agit pour Philips de constituer d’ici au début 2015 une entité distincte regroupant la fabrication de diodes électroluminescentes (LED) servant de composants notamment pour les téléphones portables (Lumileds) et celle d’éclairage pour l’automobile, dont le chiffre d’affaires annuel cumulé sera proche de 1,4 milliard d’euros, soit près du cinquième des ventes de Philips dans l’éclairage. Le groupe se sépare ainsi des produits non destinés au consommateur final, avançant que nombre de clients potentiels considèrent aujourd’hui Philips comme un concurrent dans les activités à scinder.
L’idée est jugée brillante, dans un contexte d’intense guerre des prix, mais était attendue par les analystes. Surtout, Philips suit le chemin ouvert l’an dernier par Siemens, qui avait introduit en Bourse l’intégralité de sa division d’éclairage Osram pour ne plus en détenir aujourd’hui que 17% du capital. Le marché a dignement salué hier l’annonce du groupe néerlandais, le titre bondissant de 4,13% à 23,18 euros à Amsterdam. Frans van Houten ne doute pas de la capacité des activités scindées d’afficher de solides résultats, le dirigeant assurant particulièrement ne pas redouter la concurrence asiatique.
Philips assure qu’il partira prochainement en quête de partenaires financiers pour soutenir le développement de la nouvelle entité, dont le nom reste à trouver. Le groupe n’exclut pas non plus une éventuelle introduction en Bourse alors que son dirigeant ne juge «pas nécessaire» de demeurer actionnaire majoritaire d’une entité dont les coûts de mise en œuvre sont attendus à 30 millions d’euros environ. Elle sera dirigée par l’actuel patron de Lumileds, Pierre-Yves Lesaicherre. Les analystes de la Société Générale attribuent à cette nouvelle société une valeur d’entreprise de 2,5 milliards d’euros, soit 35% de la valorisation actuelle de la division éclairage du géant néerlandais.
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