Paris et Berlin ont trouvé un accord pour le capital d’EADS
Tom Enders, le président exécutif d’EADS, devrait arriver ce matin devant les investisseurs réunis à Londres pour deux jours de conférence avec une bonne nouvelle: après plusieurs mois de tractations, la France et l’Allemagne ont enfin trouvé un accord concernant leur présence au capital du groupe. Chaque Etat devrait ainsi détenir 12% du capital et des droits de vote. Leurs participations seraient gérées par un nouveau pacte d’actionnaires auquel serait associée l’Espagne à la tête de 5,45% d’EADS. A eux trois, les Etats resteraient ainsi sous la barre des 30%. Le franchissement de ce seuil les aurait contraints à lancer une offre publique sur l’intégralité du capital du groupe.
Pour arriver à cette solution, la France, à la tête de 15% des droits de vote, placera 3% de ceux-ci dans une structure indépendante. La loi néerlandaise autorise la création de plusieurs structures juridiques permettant de neutraliser les droits de vote d’un Etat actionnaire, hors du pacte. Paris gardera ainsi la pleine propriété sur sa part de 15%. De son côté, Berlin, qui ne détient actuellement que 1% du capital d’EADS via la banque publique KfW, devra racheter des parts à Daimler et au holding Dedalus composé d’établissements financiers pour constituer sa position de 12%. 1,6 milliard d’euros ont déjà été bloqués dans le budget fédéral pour financer cette opération.
Cet aménagement ne lève pas pour autant toutes les incertitudes entourant EADS. La création d’un nouveau pacte d’actionnaires entre les trois Etats ainsi que la sortie partielle de Daimler entraînent de fait l’extinction des accords actuels entre la France et les actionnaires privés du groupe, Daimler et Lagardère. Ces derniers, qui ont réaffirmé leur volonté de sortir du capital en 2013, y gagnent en liberté. Ils détiendront chacun 7,45% d’EADS. Des mécanismes devront être mis en place pour permettre une sortie en bon ordre, relativement indolore pour le cours de Bourse.
Surtout, l’arrivée de l’Allemagne au capital d’EADS fait craindre, notamment en interne, un plus grand interventionnisme public dans la gouvernance de la société, encore plus après l’épisode du rapprochement avec BAE bloqué par Berlin.
Une dérive que le groupe souhaite à tout prix éviter pour des raisons commerciales. La présence renforcée des Etats dans la gouvernance pourrait rebuter certains grands clients étatiques d’EADS dans le domaine de la défense.
Plus d'articles du même thème
-
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
«Nous ne voyons pas d’effets de second tour susceptibles de justifier des hausses de taux»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
Roundhill met au point un ETF pour protéger les portefeuilles face à l’IA
Le fonds, à gestion passive, réplique l’indice Akros U.S. Heavy Assets Low Obsolescence, sélectionnant 100 sociétés américaines à forts actifs physiques
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Printemps franco-algérienDZ mafia, coopération judiciaire et Christophe Gleizes au programme de la visite de Gérald Darmanin à Alger
Le garde des Sceaux entend « revenir avec des informations et des noms » de profils dangereux du narcotrafic qui se sont mis à l'abri en Algérie -
Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas, a été tué lors d’une frappe israélienne
Samedi 16 mai, Israël a indiqué avoir tué, vendredi, par une frappe ciblée, Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas et l’un des responsables de l'attaque du 7-Octobre -
L’Iran affirme discuter avec des pays européens pour franchir le détroit d’Ormuz
« Des [pays] Européens ont entamé des négociations avec la marine des gardiens de la révolution » pour traverser le passage, a indiqué la télévision d’État iranienne. Les noms des pays concernés n’a pas été précisé et, pour l’heure, aucun pays européen n’a confirmé cette déclaration de Téhéran