Outre-Manche, les écarts de rémunération se creusent entre dirigeants et salariés
Les actionnaires ont beau se révolter contre les rémunérations mirobolantes de certains patrons de grandes entreprises britanniques, rien n’y fait. A en croire une étude publiée vendredi par le High Pay Centre en collaboration avec le CIPD (Chartered Institute of Personnel and Development), les dirigeants des 100 sociétés cotées les plus importantes outre-Manche (FTSE 100) seront payés en moyenne 1.020 livres (1.135 euros) par heure et un total de 3,926 millions de livres (4,37 millions d’euros) en 2019, soit une progression de 11% sur une année. En d’autres termes, un patron du FTSE 100 n’a eu besoin de travailler que jusqu’à vendredi 4 janvier 2019 à 13 heures pour gagner l’équivalent du salaire annuel brut d’un salarié outre-Manche, soit 29.574 livres (32.939 euros).
29 h de travail pour gagner un an de salaire moyen
«Cette augmentation signifie que les dirigeants des entreprises du FTSE 100, qui travaillent en moyenne douze heures par jour, auront besoin de travailler seulement durant 29 heures en 2019 pour percevoir le salaire moyen d’un salarié, soit deux heures de moins que l’an dernier», estime le CIPD. Au fil des ans, les écarts de rémunération continuent à se creuser outre-Manche : désormais, les dirigeants des principales sociétés britanniques perçoivent des émoluments 133 fois plus importants que ceux des salariés, selon le High Pay Centre. Or, ce ratio était de 47 en 1998.
L’an dernier, les rémunérations de Jeff Fairburn, directeur général de l’entreprise de construction Persimmon, parti avec 47 millions de livres (52,34 millions d’euros) et celle de Simon Peckham, DG de Melrose, bénéficiaire d’un package de 42 millions de livres (46,77 millions d’euros), avaient particulièrement attiré les critiques. Dès son arrivée au pouvoir en 2016, la Première ministre Theresa May avait indiqué vouloir s’attaquer aux rémunérations excessives des dirigeants, considérées comme «le visage inacceptable du capitalisme». Cette orientation a désormais force de loi. Depuis le 1er janvier, les entreprises de plus de 250 salariés outre-Manche sont contraintes de dévoiler et de justifier tous les ans l’écart de salaires entre dirigeants et salariés. En vertu de cette nouvelle loi, les entreprises britanniques commenceront à publier leurs ratios d'équité en 2020.
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