Oslo jette les bases de la réorientation de sa politique d’actionnariat public

Soulignant que l’Etat n’est souvent pas un actionnaire naturel, le gouvernement va obtenir davantage de flexibilité de la part du Parlement
Benoît Menou

Le gouvernement norvégien a mis vendredi à exécution ses promesses de vente d’actifs. Dans le cadre des discussions de budget 2015, il a pour l’heure sollicité auprès du Parlement la possibilité d’abaisser sa participation au sein de 10 sociétés, sur les 55 dans lesquels l’Etat est actionnaire. La possibilité seulement, car comme l’a souligné la ministre du Commerce et de l’Industrie, Monica Maeland, Oslo n’a aucun besoin urgent de liquidités et travaille pour les générations futures.

Les nouvelles orientations correspondent à un engagement majeur de campagne d’un gouvernement minoritaire de droite (Partis conservateur et du Progrès) installé en octobre dernier, qui est assuré de la majorité parlementaire sur le sujet grâce au soutien des libéraux et des chrétiens-démocrates.

La Norvège évoque de nécessaires «ajustements» dans la stratégie d’actionnariat public. Ce dernier doit être justifié au cas par cas selon la ministre, l’actionnariat privé devant être la règle. Il s’agit donc de se donner la possibilité d’agir «là où il n’y a pas de justification spécifique à l’actionnariat public». L’Etat parT de loin: il détient directement (hors fonds souverains) un tiers de la capitalisation de la Bourse d’Oslo.

Le gouvernement souhaite pouvoir céder «tout ou partie» de sa participation minoritaire dans 8 sociétés, dont le spécialiste des fermes aquacoles Cermaq, détenu à 59,2%, ou la compagnie aérienne scandinave SAS dont Oslo détient 14,3% (tout comme Copenhague, Stockholm en détenant 21,4%). Le gouvernement souhaite en outre pouvoir réduire à 34%, un seuil garantissant le maintien du quartier général en Norvège, ses parts de 50% dans le groupe de défense Kongsberg et de 54% dans l’opérateur télécoms Telenor. Cette dernière opération potentielle de vente de 20% de Telenor représente à elle seule 5,4 milliards d’euros. Elle a de quoi renforcer l’hypothèse d’un rapprochement avec le danois TDC ou le suédois Tele2, selon Nordea. Oslo n’a en revanche pas souhaité sollicité le Parlement pour modifier son engagement au capital de la banque DNB (34,0%), de Statoil (67,0%) ou de Norsk Hydro (43,7%).

Le gouvernement norvégien a par ailleurs indiqué qu’il présentera à l’automne une révision de ses recommandations quant à la rémunération des dirigeants d’entreprises. Un «sujet compliqué sur lequel nous devons encore travailler» a reconnu Monica Maeland.

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