Numericable électrise le marché européen de la dette à haut rendement

Face à l’appétit des investisseurs, le cablo-opérateur a porté à 8,4 milliards d’euros la part obligataire du plan de financement du rachat de SFR
Antoine Duroyon

Méga opération en vue sur le marché obligataire high yield. Numericable, qui a pris la mesure de l’appétit des investisseurs pour son papier, a relevé de 2 milliards d’euros la taille de son placement obligataire, qui couvre six tranches en dollars et en euros, pour le porter à un total de 8,4 milliards d’euros. L’opération, dont la mise à prix est attendue aujourd’hui, est coordonnée par Deutsche Bank, Goldman Sachs et JPMorgan. Les rendements sont estimés entre 5% et 6,5%.

Le câblo-opérateur, noté B+ par S&P et B1 par Moody’s, a dans le même temps nettement diminué sa dette bancaire «covenant light», de 5,6 milliards d’euros à 2,8 milliards d’euros. Une décision qui reflète la déception du groupe face à l’accueil réservé à cette dette syndiquée high yield. Une augmentation de capital de 4,7 milliards d’euros contribuera au financement du volet en numéraire et au refinancement de la dette, tandis qu’Altice, la maison-mère de Numericable, prévoit pour sa part de lever 4,15 milliards d’euros sur le marché obligataire.

Selon des sources bancaires citées par Reuters, plus de 50 milliards d’euros ont été promis pour les 11,2 milliards d’euros d’obligations et de dette bancaire sollicitées par Numericable, alors qu’Altice a reçu pour 25 milliards d’euros d’engagements. D’après la recherche crédit de Natixis, ces deux émissions de taille «pourraient peser sur le secondaire, étant donné que la collecte des fonds high yield en euros pourrait s’avérer trop peu élevée pour faire face aisément à ces émissions, tout du moins si on extrapole la tendance observée sur les fonds high yield en dollars depuis début 2014».

Comme le souligne le Wall Street Journal, l’intervention de Numericable fait également office de test pour d’autres émetteurs situés dans le même compartiment du marché. «Cela pourrait éveiller l’intérêt d'émetteurs potentiels au sein du spectre de la catégorie spéculative pour un type de financement qui peut être réuni à des prix très attractifs», commente un banquier cité par le quotidien américain.

Début avril, l’opérateur télécoms italien Wind Telecomunicazioni, noté B2 par Moody’s, a levé l'équivalent de 3,75 milliards d’euros. L’enseigne d’optique Alain Afflelou s’est également positionnée pour tirer profit d’un intérêt des investisseurs pour les émissions notées en catégorie spéculative.

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