«Nous n’apporterons pas nos actions à l’offre de SMA BTP sur STE»
- L’Agefi : Comptez-vous apporter vos titres à l’offre de SMA BTP sur STE?
- Chuc Hoang : Non. Nous n’apporterons pas nos actions (29,5% du capital). Nous estimons le prix de 53 euros très insuffisant par rapport à l’actif net réévalué (ANR) qui avoisine 60 euros et, surtout, par rapport au potentiel de valeur qu’une bonne gestion de la société pourrait dégager. De plus, l’offre de SMA BTP ressort en réalité à 51euros et non à 53 euros, compte tenu du dividende qui va être versé incessamment. Enfin, le maintien du statut SIIC n’est pas garanti... Notre opposition à cette offre – initialement à 48 euros – a déjà eu pour conséquence son relèvement de 5 euros ! Mais le compte n’y est toujours pas. Nous pensons que l’intérêt des actionnaires est de ne pas apporter leurs titres.
- Avez-vous engagé des discussions avec SMA BTP?
- Nous nous sommes rencontrés. Mais nos visions ne sont pas les mêmes. Hubert Rodarie, homme séduisant et intelligent, cherche à placer, à bon prix, la trésorerie florissante de sa mutuelle d’assurance. De notre côté, nous sommes une entreprise familiale guidée par une stratégie de valorisation de nos affaires sur le long terme. Notre désaccord principal immédiat porte à la fois sur le prix de l’offre et sur l’appréciation du management actuellement en place. Nous considérons que ce dernier a très mal géré la société ces dernières années, au détriment de ses actionnaires. Les rémunérations des seuls dirigeants ont été multipliées par 2,5 entre 2011 et 2013 tandis que, dans le même temps, la valeur des actifs a baissé de 30 % !
- Pourquoi ne pas avoir déposé de contre-offre?
- Aujourd’hui nous n’avons pas pour projet de prendre le contrôle de la société. Nous avons l’habitude d’agir en actionnaire minoritaire vigilant. Nous l’avons fait avec succès chez BigBen Interactive, par exemple, dont le cours est passé de 2,46 euros à 8 euros entre 2006 et 2013. Nous pourrions imaginer facilement la même histoire chez STE ! La vérité est qu’une gestion normale et sans abus de la société pourrait facilement dégager un dividende supplémentaire de 1 euro par action, ce qui signifie théoriquement une revalorisation potentielle du titre d’au moins 11 euros.
- Qu’attendez-vous désormais?
- Nous demandons toujours deux sièges au conseil d’administration. Nous entendons y apporter un regard expert, au service de tous les actionnaires, dans la perspective d’une valorisation du titre à moyen terme.
{"title":"","image":"80986»,"legend":"Chuc Hoang»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Jacques Vigner (Amafi) : «Les responsables politiques doivent envisager le rôle des marchés financiers de façon stratégique»
Responsable de la supervision stratégique Marchés mondiaux chez BNP Paribas et également vice-président de l’association internationale des produits dérivés (Isda), le nouveau président de l’Association française des marchés financiers (Amafi) commence son mandat avec la volonté d’obtenir un soutien des décideurs politiques. -
Les entreprises résistent aux défis du financement
Si le financement bancaire répond toujours présent, l’accès aux financements de marché reste encore limité pour les PME et ETI malgré leur résilience, selon le rapport 2026 de l’Observatoire du financement des entreprises. -
Le Mécanisme européen de stabilité règle une première obligation tokenisée avec Pontes
Le MSE a réglé une dette numérique sur la blockchain via Pontes, la monnaie de gros de banque centrale.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
Contenu de nos partenaires
-
Quatre élèves sur dix victimes de violences sexuelles en CE2 : le rapport alarmant de l'Education nationale
Publiée par le service stastistique de l'Education nationale, cette étude inédite donne une idée de l'ampleur des violences subies par les enfants au sein même des établissements scolaires français -
La Fabrique de l'OpinionPour mieux gouverner, il faut placer l’économie au centre de l’action publique
« Le décalage entre efforts et résultats, c’est bien ceci que pointent les Français quand ils se plaignent simultanément d’un excès de prélèvements et d’un manque de services publics : un double déficit d’efficacité et d’efficience » -
Outre-Manche, une autre idée du luxe
Le maroquinier DeMellier qui affole les adeptes du quiet luxury ouvre sa première boutique à Londres. Une étape cruciale pour cette Maison britannique qui a fait de ses sacs, de leur fabrication européenne et d’un engagement solidaire durable, les piliers d’une réussite internationale.