Nokia taille encore dans ses coûts dans l’espoir d’un retour à meilleure fortune
Faute d’amélioration de ses résultats, Nokia, désormais deuxième fabricant de combinés mobiles derrière Samsung, a annoncé qu’il allait devoir amplifier le plan de restructuration mis en œuvre l’an dernier. Alors qu’il avait prévu voici deux mois une marge d’exploitation négative «proche» de celle du premier trimestre pour sa principale activité de combinés et services, il estime désormais que sa perte d’exploitation du deuxième trimestre dépassera les 3% du chiffre d’affaires dans cette division. L’action a dévissé de près de 18% à 1,8 euro, portant sa chute à 52% depuis début janvier.
«Pour traverser cette période de transition, Nokia a l’intention d’améliorer son modèle opérationnel en diminuant significativement les coûts de la division Devices & Services et en réduisant substantiellement ses effectifs», explique le groupe, en ajoutant avoir entamé les négociations avec les syndicats et représentants du personnel. Il a donc décidé de fermer ses sites d’Ulm (Allemagne) et de Burnaby (Canada). En Finlande, l’unité de fabrication de Salo va également cesser son activité mais son département de R&D restera opérationnel.
Le groupe a par ailleurs annoncé le départ de trois dirigeants, entraînant plusieurs changements dans l’organisation des directions commerciales et marketing. «Nous devons réorganiser notre modèle opérationnel et nous assurer que nous créons une structure capable de soutenir nos ambitions concurrentielles», explique le directeur général Stephen Elop. Au total, 10.000 emplois devraient être encore supprimés à l’échelle mondiale d’ici fin 2013, ce qui porte à 40.000 les suppressions d’emplois annoncées depuis l’automne 2010.
Ceci entraînera des charges supplémentaires de restructuration d’environ un milliard d’euros sur les 18 prochains mois. Considéré depuis avril comme un émetteur de dette spéculatif, Nokia a précisé que les sorties de trésorerie liées à sa réorganisation, qui étaient de 450 millions au premier trimestre, atteindraient environ 650 millions d’euros sur les trois derniers trimestres de l’exercice et 600 millions l’an prochain. S’il va prochainement acquérir le suédois Scalado spécialisé dans les technologies d’imagerie, il a confirmé la vente de sa marque de combinés de luxe Vertu à la société de capital-investissement EQT et envisage de céder d’autres actifs périphériques.
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