Nokia rassure le marché sur sa trésorerie
Investisseurs et analystes s’attendaient au pire. Au bout du compte, Nokia a annoncé une nouvelle perte au deuxième trimestre mais inférieure aux attentes, une progression de son chiffre d’affaires par rapport au trimestre précédent et une trésorerie mieux pourvue que prévu.
L’attention des investisseurs était précisément rivée sur la consommation de cash après l’annonce, mi-juin, de nouvelles mesures de restructuration. Certains analystes estimaient la sortie de liquidités à 2 milliards d’euros cette année. Finalement, l’équipementier télécoms aura limité la casse au deuxième trimestre. Certes sa trésorerie nette recule de 14% par rapport à fin avril mais elle ressort mieux que prévu par les analystes à 4,2 milliards d’euros, soit 0,5 milliard de plus.
De sorte que la nouvelle perte nette trimestrielle ajustée de 0,08 euro par action a été rapidement digérée d’autant qu’elle est légèrement inférieure aux prévisions des analystes et qu’elle était anticipée. Résultat, l’action Nokia s’est envolée de 11,7% à 1,53 euros à la Bourse d’Helsinki. Toutefois, ce rebond est en grande partie lié au rachat de positions vendeuses prises par les investisseurs dans la crainte de mauvaises nouvelles. De plus, il est loin d’occulter les difficultés du groupe finlandais sur le marché très concurrentiel des smartphones. Avec 4 millions de ses appareils Lumia vendus (soit un doublement par rapport au premier trimestre), Nokia reste loin derrière ses concurrents Apple et Samsung.
Par ailleurs, la bonne tenue de la trésorerie est en grande partie liée à l’avance sur droits de licences de 400 millions dont a bénéficié le groupe. Ainsi, malgré la légère embellie du deuxième trimestre, la position de trésorerie devrait rester sous la surveillance des opérateurs. Cela d’autant que les prévisions annoncées par la direction pour le troisième trimestre sont plus pessimistes qu’attendu. Nokia table, notamment, sur un maintien de sa marge opérationnelle sur son activité de combinés autour de -9%.
«Alors que le troisième trimestre devrait rester difficile, la priorité est de ramener l’activité combinés à un cash flow opérationnel positif aussi rapidement que possible», a souligné Stephen Elop, directeur général de Nokia. Arrivé en septembre 2010 pour redresser l’entreprise, certains analystes prédisent son départ si les résultats sont aussi peu satisfaisants d’ici à la fin de l’année.
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