Nokia émet 750 millions d’euros d’obligations convertibles pour renforcer son bilan
La dégradation persistante de la situation financière de Nokia contraignait le groupe finlandais à réagir. Le numéro deux mondial des téléphones mobiles a donc réalisé hier une émission d’obligations convertibles d’un montant de 750 millions d’euros assortie d’un coupon annuel de 5%, payable sur une base semestrielle. Ce taux est dans le haut de la fourchette indicative de 4,25% à 5% auparavant indiquée.
L’opération a été bouclée en quelques heures grâce à une constitution accélérée du carnet d’ordres; elle a été conduite par BoA Merrill Lynch, Barclays, Citigroup et Deutsche Bank. Le prix de conversion initial en actions ordinaires a été fixé à 2,6116 euros, soit 28% au-dessus du cours actuel de l’action qui a terminé la séance d’hier sur une baisse de 5% à 2,05 euros à Helsinki. Tom Wills, gérant d’obligations convertibles chez Morgan Stanley à Londres, estime que Nokia «propose un prix de conversion intéressant pour réduire le coût de sa dette».
Les obligations devraient être cotées à partir du 26 octobre sur le marché libre (Freiverkehr) de la Bourse de Francfort. Elles pourront être remboursées par anticipation à l’issue d’une période de 3 ans et 30 jours, «si le prix moyen de l’action Nokia atteint 150% du prix de conversion pendant une certaine période» ou en cas de conversion et/ou de remboursement «portant sur au minimum 85% du montant nominal de l’émission».
Placée depuis plusieurs mois en catégorie spéculative par Moody’s et S&P, la note de crédit de Nokia est assortie d’une perspective négative dans les deux cas. Le produit net de l’émission servira à «gérer avec prudence sa structure de capital, à anticiper ses échéances de dette, à préserver son niveau de liquidité et à financer ses besoins généraux», souligne Nokia, qui doit refinancer 1,4 milliard de dette d’ici à fin septembre 2013.
Ses résultats trimestriels, publiés la semaine dernière, ont d’autre part montré que le groupe finlandais n’était toujours pas en mesure de générer un cash-flow d’exploitation positif. Sa trésorerie nette a fondu de plus de 600 millions d’euros au cours des 3 derniers mois, tombant à moins de 3,6 milliards au 30 septembre. Par rapport à la même période de l’an dernier, le groupe a même vu disparaître 1,5 milliard d’euros de trésorerie.
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