Nexans n’a pas l’intention de modifier son mode de gouvernance comme le réclame Amber

Le PDG Frédéric Vincent juge inappropriée la séparation des fonctions de direction. Le groupe fera appel de l’amende infligée par Bruxelles
Yves-Marc Le Réour

Frédéric Vincent, le PDG de Nexans, n’a pas l’intention de céder aux pressions du fonds Amber Capital. Selon le dirigeant, un changement de direction et de gouvernance serait à la fois malvenu et inapproprié. «Au moment où la société est engagée dans une phase de restructuration et de transformation et qu’elle s’est dotée des moyens pour la mettre en œuvre, on ne change pas de cheval au milieu du gué», a déclaré le PDG, confirmé à son poste par le conseil d’administration au mois de février.

Amber Capital, quatrième actionnaire de Nexans avec 5,5% du capital, s’efforce depuis plusieurs mois d’obtenir l'éviction du dirigeant. Le fonds projette de soumettre aux actionnaires du fabricant de câbles une résolution prévoyant la scission des fonctions de président et de directeur général à l’occasion de l’assemblée générale du 15 mai. Le cabinet de conseil en vote Proxinvest devrait appeler ses clients à soutenir cette résolution. «La séparation des fonctions n’est pas un gage de meilleur fonctionnement», réplique Frédéric Vincent, en soulignant que la gouvernance du groupe a été renforcée avec l’arrivée à l’été 2013 d’Arnaud Poupart-Lafarge, ex-dirigeant d’Usinor et d’ArcelorMittal, en tant que directeur général délégué.

S’y ajoute la mise en place d’un comité stratégique chargé de surveiller le respect des objectifs fixés à l’horizon 2015, qui restent inchangés en dépit d’un début d’année 2014 encore difficile. Si le premier trimestre fait apparaître un chiffre d’affaires en croissance organique de 3,8% à 1,1 milliard d’euros, celui-ci a reculé de 2% en données publiées en raison de l’impact fortement négatif (-5,5%) de la variation des taux de change. Le groupe indique par ailleurs que les négociations avec les syndicats concernant son plan de réorganisation ont abouti à des accords collectifs en Europe.

Condamné début avril par la Commission européenne à une amende de 70,7 millions d’euros pour entente sectorielle dans les câbles à haute tension sous-marins et souterrains, Nexans a décidé de faire appel de cette sanction. S’il a déjà provisionné 200 millions d’euros pour cette procédure, le groupe souligne que d’autres enquêtes sont en cours en Amérique du Nord, au Brésil, en Australie ou en Corée du Sud, pour lesquelles aucune provision n’a été constituée. Il fournira davantage de détails à ce sujet lors de la publication de ses résultats semestriels fin juillet.

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