Muddy Waters compare les méthodes comptables d’Olam à celles d’Enron
Olam n’a pas l’intention de se laisser intimider par les allégations du hedge fund Muddy Waters qui compare ses méthodes comptables à celles de l’américain Enron, allant jusqu’à lui promettre la même fin. La direction du producteur et courtier de matières agricoles (riz, poivre, coton...) a réaffirmé hier sa politique d’expansion et compte toujours sur les marchés de la dette pour la financer. Olam prévoit d’investir 2,6 à 3 milliards de dollars entre 2013 et 2015, en plus des 2,7 milliards engagés entre 2010 et 2012. Le deuxième courtier mondial de riz prévoit de tripler son bénéfice net d’ici à 2016.
Dans son rapport d’analyse publié hier, Muddy Waters se montre particulièrement acerbe contre cette politique. «La grande majorité des acquisitions analysées sont de si mauvaise qualité que les actifs apportent à peine plus qu’un bénéfice cosmétique à Olam», écrit le hedge fund dirigé par Carson Block. Selon lui, les projets développés «détruisent un montant considérable de capital» et les obligataires devraient se demander «où va l’argent (et comment ils seront payés en retour)». Ces dernières années, Olam a dépensé moins que prévu en acquisitions. Donc, soit le groupe « a initié plus de projets internes ce qui accroît grandement son profil de risque» soit «il a des problèmes de contrôle interne ou d’importante fuites de cash», lance Muddy Waters.
Le fonds fustige aussi les méthodes comptables d’Olam, qu’il juge coupable des «pires gaffes jamais vues en la matière, surpassant souvent les fraudes commises par les sociétés chinoises cotées aux Etats-Unis», en référence notamment au scandale Sino-Forest révélé par Muddy Waters. Le fonds souligne le poids des bénéfices comptables réalisés sur la valorisation des actifs agricoles. Ces gains non cash représentaient 28% du bénéfice net d’Olam en 2012, 38% en 2011 et 48% en 2010 contre quelques pourcents seulement auparavant. Cette pratique pousserait ainsi Olam à multiplier les investissements pour doper ses résultats, à la manière d’un Enron, conclut le fonds.
La direction d’Olam, qui a déjà porté plainte pour diffamation, a indiqué avoir pris connaissance du rapport et assure n’avoir trouvé aucun fondement aux allégations de Muddy Waters. Elle rappelle qu’elle tiendra le fonds responsable d’éventuels dommages. Depuis les premières déclarations de Carson Block, le 19 novembre, l’action Olam a chuté de 10%. Les obligations à échéance 2017 ont perdu plus de 6%.
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