Monsanto, un pari coûteux et à haut risque pour Bayer
Bayer a perdu près de 6% en Bourse hier après l’annonce de son offre non sollicitée sur Monsanto. Depuis l’annonce de son intérêt pour sa cible, le cours a perdu plus de 15%.
Preuve que sa stratégie de construire un géant mondial de l’agro-business ne soulève pas l’enthousiasme sur le marché.
Celui-ci regarde avant tout le prix : à 62 milliards de dollars dette incluse, Monsanto paraît hautement valorisé.
Or chacun s’attend à ce que la cible exige un prix encore suprieur alors que l’assaillant paraît aux limites de ses possibilités.
Sans parler d’une contre-offre toujours possible d’un concurrent comme BASF.
Bayer a de plus fait le choix de payer tout en cash, faisant de cette offre la plus grosse en numéraire de l’histoire financière.
Il lui faudra augmenter son capital de 15 milliards de dollars et s’endetter pour le solde soit les ¾ de l’acquisition.
D’où une forte hausse de l’endettement rapporté à l’excédent brut d’exploitation alors que ce ratio est déjà tendu.
Pour Bayer, c’est le prix à payer pour ne pas être laissé hors-jeu dans la consolidation qui s’accélère.
Car entre le rachat de Syngenta par ChemChina et le rapprochement de Dow Chemicals et DuPont, le dernier train à prendre s’appelle Monsanto.
Un oligopole à trois représenterait 2/3 du marché agrochimique mondial et 60% de celui des semences.
C’est assez dire qu’une autre haie, plus haute encore que le prix, se dresse.
Celle qu’élèveront les autorités de la concurrence des deux côtés de l’Atlantique pour limiter le formidable pouvoir d’un tel géant sur le sort des agriculteurs.
La bataille s’annonce longue et incertaine. De quoi renforcer le doute, déjà très apparent, des investisseurs quant à la pertinence du projet industriel.
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