LVMH rassure le marché après le net ralentissement de sa croissance organique
Le luxe ne paye plus comme avant! Annoncé depuis des mois, le ralentissement de la croissance du secteur est vraiment là et LVMH vient d’en faire les frais. Au troisième trimestre, la croissance organique du groupe français s’est limitée à 6%, au lieu des 7% attendus par les analystes, et après 10% au deuxième trimestre et 14% au premier.
Si les Vins et Spiritueux (+12%) et la Distribution sélective (+14%) parviennent à maintenir une croissance organique à deux chiffres sur neuf mois (contre +15% et +16% sur le premier semestre), la Mode et Maroquinerie réduit sa croissance à la portion congrue au troisième trimestre, autour de 4% selon les analystes, contre 8% au deuxième trimestre et 12% au premier. Or, cette division, celle de la marque phare Louis Vuitton, a assuré l’an dernier 37% des ventes et 58% du résultat opérationnel courant de LVMH. D’où l’inquiétude du marché.
Pour autant, «il n’y a pas de ralentissement majeur au troisième trimestre par rapport au deuxième, a assuré Jean-Jacques Guiony, directeur financier de LVMH. Nos chiffres pour Louis Vuitton sont assez comparables à ceux du deuxième trimestre». Le groupe ne constate pas de baisse de la demande pour ses produits Vuitton, dont la hausse des ventes est supérieure à 11%, a précisé Jean-Jacques Guiony. L’Europe est un peu plus haut, les Etats-Unis un peu plus bas, et la Chine est proche du premier semestre, avec une faible croissance à un chiffre, a ajouté le directeur financier de LVMH. L’action, qui avait ouvert en baisse de plus de 1,5% a finalement clôturé en hausse de 3,59% à 128,25 euros.
Autre déception, le pôle Montre & Joaillerie n’affiche plus qu’une croissance organique de 2% au troisième trimestre selon des analystes, touché par un ralentissement de la demande en Asie et aux Etats-Unis. Cette division «semble sous-performer ses principaux concurrents (Richemont a publié une croissance proche de 10% sur juillet-août selon nos estimations)», note Aurel BGC.
Pour l’ensemble du groupe, la croissance interne des ventes ralentit fortement en Asie (hors Japon), passant de +15% au premier semestre à seulement 11% sur neuf mois, un mouvement beaucoup plus violent qu’aux Etats-Unis (+14% sur le semestre et encore +12% sur neuf mois). Pour le quatrième trimestre, les analystes de Raymond James misent sur une croissance organique de 5%, soit +8% sur l’ensemble de l’exercice.
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