L’opposition monte autour du projet de scission de Carrefour

Deminor prend position contre la mise en Bourse de la branche hard discount du distributeur. Le marché attend des précisions sur l’opération
Bruno de Roulhac

De jour en jour, les voix se lèvent pour exprimer leur opposition au projet de Carrefour de scinder 100% de son hard discount (Dia) et 25% de son pôle immobilier (Carrefour Property). Hier, Deminor a pris position contre ces deux opérations. Pour le cabinet de conseil aux actionnaires, cette opération s’apparente à «un démantèlement» et constitue pour Colony Capital et Groupe Arnault, initiateurs du projet «une manœuvre désespérée d’investisseurs cherchant à tout prix à compenser les pertes subies » sur leurs investissements. «On ne peut être pour des opérations court-termistes avec des ventes des bijoux de la Couronne, confie Fabrice Rémon, associé chez Deminor. Ces 4 milliards ne vont servir ni à la croissance, ni au développement, mais aller dans la poche de l’actionnaire».

La liste des opposants à la scission de Carrefour s’allonge ainsi de jour en jour. Elle avait commencé dès le jour même de l’annonce du projet, le 1er mars, avec la démission «pour raisons personnelles» de Jean-Martin Folz, vice-président et administrateur indépendant du distributeur. Une opération qui a alors soulevé de nombreuses interrogations de la part des analystes, sceptiques sur le bien-fondé de ces deux scissions. Puis fin mars, l’actionnaire activiste Knight Vinke, détenant plus de 1% du capital, sortait du bois, pour exprimer ses réserves. Peu après, un actionnaire familial et fils du co-fondateur du groupe, Hervé Defforey, avait précisé qu’il voterait contre les scissions. Et les actionnaires salariés, qui détiennent 1,34% du capital et plus 2% des droits de vote via leur Fonds commun de placement d’entreprise (FCPE) devraient aussi voter contre, selon le délégué national CFDT interrogé par Reuters.

Avec seulement 14% du capital et 20% des droits de vote, quels arguments utilisera Blue Capital (Colony Capital et Groupe Arnault) pour convaincre les autres actionnaires du distributeur? Pour l’heure, Fabrice Rémon confie avoir essayé de discuter avec Colony et Arnault, sans réponse de leur part.

Alors que l’AG est prévue pour le 21 juin prochain, Carrefour devra au moins satisfaire les légitimes interrogations du marché sur les contours de l’opération, encore flous, dans les prochaines semaines. Le distributeur pourrait donner quelques indications dès jeudi soir lors de la publication de ses ventes pour le premier trimestre.

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