Londres relève le bouclier tarifaire sur l’énergie
Après avoir décidé de porter le calcul du plafonnement des tarifs énergétiques (price cap) de semestriel à trimestriel, l’autorité de régulation du secteur énergétique britannique (Ofgem) a annoncé vendredi une augmentation de 80% de ce bouclier tarifaire pour les consommateurs britanniques à compter du 1er octobre, portant la facture annuelle à une moyenne de 3.549 livres (4.203 euros). Cette hausse va avoir un «impact massif», a déclaré son directeur général, Jonathan Brearley, puisque les prix de l’énergie ont quasiment triplé en un an pour les 24 millions de ménages concernés (1.277 livres en octobre 2021).
Il a ajouté qu’une autre augmentation est probable en janvier et que, malgré le programme de soutien actuel du gouvernement, «le nouveau Premier ministre devra agir davantage pour s’attaquer à l’impact des hausses de prix qui se produiront en octobre et l’année prochaine». Le ministre des Finances, Nadhim Zahawi, a confirmé qu’il travaillait sur un plan afin d’être prêt pour le prochain gouvernement, le 5 septembre après le choix du Parti conservateur entre les deux candidats restants (Liz Truss ou Rishi Sunak). «Sans une aide supplémentaire, plus de la moitié des foyers britanniques pourraient se retrouver en précarité énergétique (avec plus de 10% des revenus consacrés à ces factures, ndlr)», a expliqué mercredi à l’AFP le directeur de clientèle de la branche britannique d’EDF, Philippe Commaret.
L’Ofgem ne donne pas de prévisions pour le nouveau plafond qui entrera en vigueur en janvier en raison de la volatilité du marché. Mais il indique que les prix pourraient «s’aggraver de manière significative» avec la demande de gaz en hiver, et les experts s’attendent à ce qu’il soit relevé à plus de 4.000 livres, voire jusqu’à 6.000 livres au printemps pour les pessimistes. Déjà en hausse avec la crise sanitaire, les prix du gaz et de l’électricité ont flambé depuis le début de la guerre en Ukraine avec la réduction des exportations russes vers l’Europe.
La hausse des prix de l’énergie se reflète dans les factures des consommateurs au travers du bouclier tarifaire, désormais chaque trimestre, mais aussi dans les coûts de production des entreprises, et donc dans un large éventail de produits tels que les biens alimentaires et les billets de voyage. De quoi amplifier la crise du pouvoir d’achat au Royaume-Uni alors que la Banque centrale d’Angleterre (BoE) a prévenu des risques d’une inflation à plus de 13% et d’une récession longue.
Plus d'articles du même thème
-
La Banque du Japon maintient son taux directeur avant une prochaine hausse
La banque centrale du Japon fait une pause dans sa politique de normalisation mais confirme son changement de cap avec un discours plus restrictif. Le retour de l'inflation à sa cible de 2% est à la fois une victoire et un risque auquel la banque reste très attentive. -
La croissance en zone euro dépasse les prévisions malgré la France
Le PIB a augmenté de 0,4% au troisième trimestre, plus que le chiffre de 0,2% anticipé, mais ralentit par rapport à la croissance de 0,6% enregistrée au deuxième trimestre. Avec des situations très contrastées, notamment entre la France et l’Irlande. -
Les enjeux politiques des «midterms» occultent les défis économiques
Les élections de mi-mandat qui se tiendront mardi 3 novembre aux Etats-Unis pourraient acter un basculement du Congrès du côté démocrate. De quoi garantir d’âpres bras de fer budgétaires face à Donald Trump, mais sans changer vraiment la trajectoire de l’économie ni résoudre les problèmes des Américains.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
Contenu de nos partenaires
-
La discrète impératrice du vin
A la tête de Jackson Family Wines, qui compte plus de quarante domaines sur quatre continents et 20 000 hectares de vignes, l’ancienne avocate Barbara Banke dirige depuis quinze ans l’un des plus grands empires du vin mondial. -
Guerre ou diplomatie : face à l'Iran, Donald Trump brouille les pistes
La menace d'une attaque américano-israélienne après les midterms est plus forte que jamais, mais le président américain assure désormais vouloir temporiser -
Fight, fight, fightMidterms : pourquoi rien n'arrêtera Donald Trump
Perdre le Congrès rendra-t-il le président des Etats-Unis plus faible ? Rien n’est moins sûr. Son tempérament, ses leviers et l'absence d’enjeu électoral devraient plutôt l'encourager au combat