L’onde de choc des tensions commerciales s’étend
L’automobile est au centre des tensions commerciales entre les Etats-Unis et l’Europe, et le sujet a dû animer les discussions hier à Washington entre Donald Trump, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et la commissaire chargée du commerce Cecila Malmström. Mais alors que le président américain promet depuis des semaines d’imposer des droits de douane supplémentaires sur les importations de véhicules européens, l’onde de choc n’épargne aucun groupe.
Le premier constructeur américain General Motors a ainsi abaissé mercredi sa prévision de résultat 2018. La hausse des prix des matières premières et la dévaluation des devises au Brésil et en Argentine devraient amputer d’un milliard de dollars les résultats cette année, contre une estimation initiale d’environ 500 millions. Alors que GM achète une bonne part de son acier à des producteurs américains, les hausses de tarifs douaniers de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium importés d’Europe, du Canada et du Mexique ont produit leur effet. La prévision de marge du groupe pour 2018 a été ramenée entre 9% et 10%, au lieu des 10% anticipés jusqu’à présent. L’action du constructeur a perdu plus de 8% en séance.
Relativiser les effets des tarifs douaniers cette année
Chuck Stevens, le directeur financier de GM, s’est attaché à relativiser les effets des tarifs douaniers. «Nous ne nous attendons pas à ce qu’ils aient un impact aux Etats-Unis en 2018. Au-delà, il y a beaucoup d’incertitudes à ce stade», a-t-il indiqué. Fiat Chrysler, qui a aussi publié hier un avertissement sur ses résultats (lire par ailleurs), a précisé que son approvisionnement en acier était couvert en 2018 par des contrats à prix fixe, mais qu’il subirait sans doute une inflation tarifaire en 2019.
Robert Azevedo, le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, a fait écho à ces craintes dans un entretien à CNBC. Tous les effets des tensions commerciales ne sont pas encore visibles, a-t-il indiqué, promettant un ralentissement de l’économie mondiale et des pertes de pouvoir d’achat dans tous les pays faute d’accord politique au plus haut niveau en faveur d’un apaisement.
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