L’introduction en Bourse d’Osram ouvre le chemin des acquisitions à Siemens
Le conseil de surveillance de Siemens a approuvé hier soir des évolutions majeures pour le groupe diversifié allemand. Le président du directoire Peter Löscher s’est en effet réjoui de pouvoir annoncer un projet d’introduction en Bourse d’Osram ainsi que la création d’une quatrième division au sein du groupe.
L’IPO du numéro deux mondial de l’éclairage, derrière Philips et devant General Electric, n’est pas une mince affaire et s’annonce d’ores et déjà comme l’une des plus importantes outre-Rhin depuis de nombreuses années. Les analystes situent la valeur d’entreprise d’Osram entre 5 et 7 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires 2010 s’est élevé à 4,68 milliards, pour un résultat d’exploitation de 569 millions. Siemens envisage une mise sur le marché à l’automne prochain, mais prévient qu’il entend bien demeurer un actionnaire de référence sur le long terme.
Siemens a en outre annoncé la création d’une quatrième division, baptisée «Villes et infrastructures», en complément des trois existantes,«énergie», «industrie» et «santé». La nouvelle division concentrera ses efforts sur le développement de «solutions économes en énergie pour les villes et les industries» selon le président du directoire.
Ce dernier n’a pas manqué l’occasion de cette réorganisation pour fixer un nouvel objectif au groupe, à savoir celui de la barre des 100 milliards d’euros de «volume d’affaires», qui devra être atteinte «au cours des prochaines années». Cet objectif est ambitieux, cet indicateur d’activité, représentant pour Siemens la moyenne des prises de commandes et du chiffre d’affaires, se situait à 78,6 milliards d’euros au titre de l’exercice fiscal écoulé.
Siemens a par ailleurs annoncé la nomination à compter du 1er avril de trois nouveaux membres au sein de son comité de direction. Wolfgang Dehen, directeur général de la division «énergie», quittera ce comité de direction pour prendre les rênes d’Osram, qui fait pour l’heure partie de la division «industrie».
Si la sortie, partielle, d’Osram éloigne encore un peu plus Siemens des produits grand public, elle permettra sans doute au groupe allemand de songer sérieusement à la croissance externe, après plusieurs années d’abstinence, du fait notamment du boulet de la corruption. Le groupe disposait déjà d’une trésorerie de 15,6 milliards d’euros fin 2010.
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