L’inflation des médicaments au cœur du débat politique
Le prix excessif des médicaments est un sujet que les pays les plus pauvres connaissent depuis toujours.
Ce sera aussi à l’avenir le lot des pays les plus riches.
La campagne américaine l’a montré avec la polémique autour de l’EpiPen, un anti-allergique pour enfant dont le prix a soudain bondi à 600 dollars pour un paquet de deux doses.
Il ne valait que 100 dollars quand Mylan l’a acquis en 2007.
La candidate Hillary Clinton a foudroyé le laboratoire, qualifiant sa décision de « scandaleuse ». Et d’ajouter : « Ce n’est que le dernier exemple troublant en date d’une entreprise qui profite de ses clients ».
C’est le genre de menace qui, venant d’une possible future locataire de la Maison-Blanche, a de quoi faire réfléchir.
Aussi Mylan a-t-il lancé hier un générique de EpiPen deux fois moins cher. De quoi ramener sa hausse depuis 9 ans à un rythme plus raisonnable.
Voilà une polémique qui sonne familièrement à bien des oreilles en France.
Qui ne se souvient de l’activisme de la Ligue contre le cancer contre le prix « exorbitant » des anticancéreux ?
Pour lutter contre « l’inflation du prix des médicaments », François Hollande avait d’ailleurs émis l’idée d’une régulation internationale sur le sujet à l’occasion d’un G7 en mai.
La question comporte un volet économique très complexe.
Rappelons par exemple que c’est sur la base d’une valorisation faramineuse que Pfizer a soufflé à Sanofi la biotech oncologique Medivation il y a quelques jours.
Comment maintenir des prix raisonnables quand innover coûte si cher ?
Aux champions de la pharmacie de trouver des réponses politiquement acceptables.
Sauf à risquer de remplacer les banques comme têtes de turc des politiciens en quête de boucs émissaires.
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