L’industrie télévisuelle européenne entre dans une décennie de restructuration
La crise que traverse actuellement la télévision, « loin d’être uniquement conjoncturelle, marque l’entrée dans une décennie de restructuration de l’industrie de l’audiovisuel », explique l’Idate, cabinet d’études et de conseil en TMT.
Si le temps passé devant la télévision pourrait progresser de trois heures par jour en 2008 à cinq heures en 2020, cette hausse se fera au détriment du direct (live) et au profit de la vidéo à la demande (VOD) et de la télévision de rattrapage (catch-up TV). Dans dix ans, 10 % des foyers européens se connecteront à la télévision seulement par internet, tandis que la catch-up TV deviendra un service clé. Cette activité devrait rester sous le contrôle des chaines actuelles, et conserve un potentiel de croissance de l’Arpu (revenu moyen par utilisateur). Pour sa part, la VOD restera un marché de complément et de niche.
A court terme, « l’adaptation à internet sera destructrice de valeur avec la baisse des tarifs publicitaires et une circulation plus large des contenus non rémunérés, prévient Gilles Fontaine, directeur général adjoint de l’Idate. Aussi, le contrôle des coûts sera l’une des dominantes de la décennie 2010-2020 ». Seul le contenu premium engendre des recettes publicitaires significatives.
Dans son scénario de référence pour 2020, Idate anticipe un nomadisme généralisé, le développement du stockage en line, de la connexion universelle et gratuite, et une prédominance des réseaux sociaux. Dans ce contexte, « l’industrie européenne est particulièrement menacée, ajoute Gilles Fontaine. Seuls les groupes paneuropéens intégrés résisteront. La réglementation régulera difficilement les contenus internet et le service à la demande, ce qui nécessitera une évolution de la réglementation ».
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