L’industrie française restera soumise à de fortes contraintes cette année
Le panorama de l’économie française brossé en ce début d’été par le Crédit Agricole-LCL pour son étude «France Secteurs» semble au premier abord assez proche de celui de janvier dernier. S’il anticipe toujours une progression du PIB de 0,8% en moyenne annuelle (après +0,4% l’an dernier), la stagnation inattendue du premier trimestre est une preuve supplémentaire des «fortes contraintes» qui entravent la reprise de l’activité dans l’Hexagone. La croissance y serait d’ailleurs inférieure à la hausse de 1% du PIB prévue pour la zone euro.
Une inflation modérée et une légère accélération des revenus d’activité devraient stimuler la consommation des ménages français. Mais ceci sera compensé par un taux de chômage toujours élevé (9,6% après 9,9% en 2013) et la poursuite d’une politique budgétaire plus restrictive, qui correspondrait à «un ajustement structurel de 16 milliards d’euros axé sur les dépenses». La consommation privée ressortirait ainsi tout juste en territoire positif (+0,1%), contre +1% attendu en début d’année. Le redressement progressif de la demande entraînera de son côté un plus grand dynamisme des importations, tandis que «l’appréciation passée de l’euro, avec un effet direct de dégradation de la compétitivité-prix, limitera la progression à venir des exportations».
Quant à l’investissement des entreprises, il bénéficiera de la mise en œuvre du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) qui doit permettre une amélioration du taux d’épargne des sociétés non financières. Cet effet pourrait néanmoins être annihilé par la faiblesse de leur taux de marge (excédent brut d’exploitation rapporté à la valeur ajoutée) et par le fait qu’en France, «les besoins en renouvellement et en modernisation du capital sont plus faibles qu’ailleurs en zone euro». Au total, l’investissement reculerait encore de 0,7% après s’être contracté de 0,8% en 2013.
Cette reprise molle contribuera à brider la plupart des 33 secteurs industriels analysés par LCL, puisque seulement 13 d’entre eux devraient enregistrer une croissance de leur production supérieure à 1%. La construction- réparation navale est le seul secteur dont l’activité a été révisée en forte hausse (+15% contre +6% précédemment attendu) «à la faveur des contrats engrangés au cours des 12 derniers mois», ce qui donne à plusieurs chantiers français «une visibilité étendue sur plusieurs années».
Le rebond des composants électroniques et de l’industrie automobile (équipementiers, voitures particulières et utilitaires légers) devrait se confirmer, tandis que les industries agroalimentaires devraient évoluer de manière contrastée. Les volumes d’activité des fabricants de boissons sont attendus en hausse de 3% alors que le secteur hors boissons enregistrerait «sa troisième année consécutive de repli» (-0,5%), les producteurs de viande et la boulangerie étant particulièrement affectés.
La faiblesse attendue du BTP, qui représente à lui seul 21% de la production de l’industrie française, contribuera fortement au plongeon de la production de verre plat, tandis que le verre creux sera pénalisé par les difficultés de l’agroalimentaire. On notera enfin la contraction de 6% en valeur prévue pour les services télécoms qui font face à «une pression concurrentielle toujours aussi intense», avec des retombées négative sur les fabricants d’équipements de communication. Ces derniers ne devraient donc pas être en mesure de tirer parti des investissements dans les infrastructures mobiles de 4e génération (4G).
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