L’Europe du Sud pèse sur les résultats de Deutsche Telekom et de Telefonica
La présence de Deutsche Telekom (DT) en Europe du Sud lui occasionne encore des soucis. L’opérateur a en effet affiché au titre du quatrième trimestre une perte nette de 582 millions d’euros (contre -3 millions un an plus tôt). En cause : une charge exceptionnelle de 1,3 milliard d’euros, dont 445 millions sont dus à une dépréciation de la valeur de ses actifs en Grèce, où il détient 30% de l’opérateur OTE, ainsi qu’en Roumanie. La baisse en rythme annuel de son chiffre d’affaires dans ces deux pays a été de respectivement 15% et de 7,1% sur la période.
«Même s’il l’on s’attendait à des dépréciations d’actifs en Grèce étant donné la situation qui prévaut dans ce pays, nous avons été surpris par leur ampleur», commente Jacques Abramowicz, analyste chez Silvia Quandt & Cie à Francfort. L’excédent brut d’exploitation (EBE) ajusté du groupe allemand a reculé de 10% à 4,55 milliards entre octobre et décembre, légèrement en dessous des attentes. Anticipant une légère baisse de son EBE pour l’exercice en cours (à 19,1 milliards contre 19,5 en 2010), DT proposera cette année un dividende par action en repli de 10% par rapport à celui de 0,78 euro payé l’an dernier.
C’est un autre pays d’Europe du Sud, en l’occurrence l’Espagne, qui est en grande partie à l’origine de la chute de 45% du bénéfice net trimestriel de Telefonica. Ce bénéfice s’élève à 1,33 milliard d’euros après comptabilisation de 1,1 milliard de charges de restructuration, ce qui explique l’écart avec les 2,4 milliards attendus par le consensus. La récession et les mesures d’austérité prises par le gouvernement espagnol ont particulièrement pesé sur les activités mobiles du groupe sur son marché domestique. «L’Espagne est le principal problème de Telefonica et l’économie y mettra plusieurs années à se reprendre», juge Morten Singleton, analyste chez Investec Securities à Londres.
Grâce à sa présence importante en Amérique du Sud, notamment au Brésil, Telefonica table cependant sur une progression de 2% de son chiffre d’affaires cette année, avec une marge brute d’exploitation «dans la partie haute des 30%» (après 38% en 2010). L’opérateur espagnol, qui pourrait céder ou introduire en Bourse sa filiale Atento spécialisée dans les centres d’appels, avait auparavant annoncé une hausse de 14% du dividende versé au titre de 2010, à 1,6 euro par action.
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