L’étonnant actionnaire chinois d’Accor
Mais que vient faire Jin Jiang au capital d’Accor ? Longtemps cantonné au rôle de petit actionnaire dormant, le premier groupe hôtelier chinois ne peut plus cacher ses intentions depuis qu’il a annoncé, hier, franchir la barre des 10% des droits de vote chez son concurrent français. En l’espace d’un mois, Jin Jiang a doublé sa participation, et ce n’est pas fini. Il entend bien continuer à acheter des actions AccorHotels sur le marché, selon l’avis remis aux autorités boursières françaises. Surtout, le groupe chinois compte demander un, voire plusieurs sièges d’administrateurs au conseil d’Accor, et prendre dès lors sa part à la définition de la stratégie de l’entreprise.
Le gestionnaire des hôtels Sofitel ou Pullmann continue, de son côté, à juger cette approche amicale. Son PDG, Stéphane Bazin, a rencontré les dirigeants de Jin Jiang il y a moins d’un mois, et avait été prévenu de la montée au capital. Les deux groupes se connaissent d’ailleurs bien. Ils s’étaient déjà parlé en 2014 lorsqu’Accor recherchait un partenaire pour se développer en Chine, un passage obligé pour les acteurs étrangers dans le pays. Le Français a finalement choisi de s’allier à Huazhu, un concurrent de Jin Jiang. A la même époque, les deux groupes se sont affrontés en France pour le contrôle de Louvre Hôtels, le propriétaire des chaînes Campanile ou Kyriad. C’est Jinjiang qui avait alors remporté les enchères moyennant un très gros chèque.
Depuis, les groupes chinois ont multiplié les marques d’intérêt pour les actifs de tourisme en France. La montée en puissance de Jin Jiang intervient en outre à un moment clé pour Accor : le Français s’apprête à racheter les hôtels de luxe Fairmont et Raffles pour 2,6 milliards d’euros. Afin de financer l’opération, il compte faire rentrer les fonds du Qatar et de l’Arabie saoudite à son capital. Ces derniers n’avaient sans doute pas prévu de trouver un groupe chinois comme premier actionnaire d’Accor.
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