L’Etat canadien met la stratégie de BHP Billiton en situation d'échec
Rien ne va plus pour BHP Billiton. Après avoir essuyé une fin de non recevoir de la province du Saskatchewan, qui abrite Potash, le joyau local, c’est le gouvernement canadien qui a annoncé hier soir son intention de bloquer l’offre de 39 milliards de dollars (28 milliards d’euros) faite par le géant minier anglo-australien. Cette nouvelle a été très mal reçue par les investisseurs, provoquant une chute de l’action du spécialiste des engrais de plus de 4% après la clôture à New York.
Sous la pression de la province de Saskatchewan qui craint une chute de ses recettes fiscales de 5,7 milliards de dollars canadiens sur dix ans si le rachat aboutit, le gouvernement canadien dirigé par Stephen Harper, considère que cette transaction n’offre pas d’avantages pour le pays. «Au Canada, nos ressources naturelles sont un moteur économique important», a déclaré le ministre de l’Industrie Tony Clement. «J’en suis arrivé à la conclusion que BHP Billiton ne présente aucun avantage net vraisemblable pour le Canada». C’est seulement la deuxième fois que le gouvernement décide de bloquer une OPA étrangère depuis les 25 dernières années.
Après l’échec de son projet de coentreprise dans la production de minerai de fer avec Rio Tinto, le directeur général de BHP, Marius Kloppers, est au pied du mur. BHP dispose de 30 jours pour organiser sa défense et faire état de «nouveaux éléments» avant que la décision ne devienne définitive. L’Investment Canada Act prévoit qu’une OPA étrangère doit procurer un avantage net pour le pays en termes d’emploi, d’exportation, de production et d’investissement pour qu’elle puisse recevoir l’aval des autorités.
Il faut dire que le contexte n’est pas propice et les Etats font preuve de plus en plus de protectionnisme sur ce type d’opérations, et des rumeurs contradictoires avaient circulé ces derniers jours, tantôt annonçant que le gouvernement canadien devrait soutenir l’offre de BHP, tantôt faisant état de tentatives de la part de Potash de trouver de meilleures offres que celle du géant anglo-australien. La Russie aurait même poussé ses sociétés minières à faire des contre-offres. Si BHP semble surpris de la décision du gouvernement canadien après des mois de négociation, les analystes estiment que les chances de revirement sont faibles et qu’il s’agit d’un échec de la stratégie orchestrée par Marius Kloppers.
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