Les sociétés françaises savent accueillir les étrangers dans leurs conseils
En matière de gouvernance, les groupes français n’ont rien à envier à leurs homologues européens. La dixième édition du baromètre Ernst & Young montre une nouvelle amélioration de la gouvernance des grandes comme des petites capitalisations. Notamment en matière d’ouverture des conseils. Les administrateurs indépendants représentent désormais 60% du CAC 40 (contre 75% au Royaume-Uni et 12% en Allemagne), 45% du SBF 120 et 35% des midcaps. Les conseils comptent 19% de femmes dans le CAC 40 (15% en Allemagne et au Royaume-Uni), 15% dans le SBF 120 et 13% dans les midcaps. Et les étrangers occupent 23% des sièges du CAC 40 (seulement 18% en Grande-Bretagne et 13% outre-Rhin).
Sous la pression des actionnaires comme du régulateur et du législateur, les comités spécialisés ont émergé. En 2012, 77% des valeurs moyennes ont mis en place un comité d’audit, 68% un comité de rémunération et 38% un comité de nominations. Le comité stratégique continue à avoir le vent en poupe, adopté par 59% du CAC 40, 49% du SBF 120 et 32% des midcaps; même si d’autres l’ont dissous afin que la stratégie reste le domaine réservé de l’ensemble du conseil. Enfin, «la responsabilité sociale et environnementale n’est plus seulement réservée au comité exécutif, explique Véronique Bruneau-Bayard, directrice du pôle conseil en gouvernance chez Labrador, co-auteur de l’étude. Le conseil s’est approprié ce sujet, en créant un comité spécialisé dédié, RSE ou éthique».
Ces conseils se veulent plus transparents, mais ont encore des efforts à faire! Tous ne détaillent pas leurs travaux, seulement 79% du SBF 120 et 62% des midcaps, des chiffres qui stagnent.
Alors que le débat sur le «say on pay» débute en France, la rémunération des administrateurs soulèvent d’autres questions. En France, ils touchent en moyenne 52.000 euros dans le CAC 40, 26.000 euros dans le SBF 120 et 13.000 euros dans les valeurs moyennes. La plupart des sociétés versent des jetons de présence en fonction de l’assiduité aux séances du conseil.
Toutefois, dans les pays anglo-saxons, la rémunération reste très supérieure à celle versée dans les pays latins. L’Allemagne se distingue avec une part variable assise sur la performance de la société, recommandation de son code de gouvernance. Toutefois cette pratique est contestée au nom du rôle de contrôle du conseil, invoqué par Allianz, ou de la prévention des conflits d’intérêts avancée par Daimler.
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