Les sociétés cotées ont besoin d’investisseurs de long terme

Un récent colloque a évoqué le rôle des salariés au conseil de leur société et les droits et devoirs de l’actionnaire de référence
Bruno de Roulhac

«Les entreprises ont besoin de capitaux, d’actionnaires et n’en ont pas aujourd’hui, regrette Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electric. Elles ont besoin d’investisseurs dans la durée, or la détention moyenne au sein du CAC 40 est inférieure à six mois.» Le ton était donné lors du colloque organisé en début de semaine par l’Université Paris 1 et HEC sur les actionnaires et l’entreprise.

«Face à la non-existence des actionnaires, le rempart est le conseil d’administration ou de surveillance, dont le rôle est de conseiller le dirigeant sur le long terme», ajoute Henri Lachmann, expliquant que Schneider Electric n’a pas de banquier conseil en raison de leur court-termisme. Mais «quelle est l’instance la mieux à même d’élaborer la stratégie? s’interroge Georges Terrier, avocat chez Davis Polk : Le conseil d’administration. Le conseil de surveillance est moins réactif en temps de crise et la responsabilité de ses membres atténuée par rapport à celles des administrateurs d’un conseil d’administration.» Le conseil d’administration «est une appellation mensongère; il n’administre rien, rétorque Henri Lachmann. Le conseil de surveillance est beaucoup plus rapide».

La gouvernance «ne se réduit pas au conseil d’administration, relativise Colette Neuville, présidente de l’Adam. Les décisions devraient être prises par ceux qui portent les risques. Ce n’est pas le cas avec des actionnaires à court terme et des salariés qui ne participent guère aux décisions qui les concernent». Aussi, la présidente de l’Adam propose des réformes majeures: distinguer les actionnaires de long terme et ceux de passage; recommander droits de vote double et dividende majoré; modifier la fiscalité, notamment des dividendes; changer de normes comptables; donner une plus grande place aux salariés, etc. Pour sa part, Pierre-Henri Leroy, président de Proxinvest, milite pour la multiplication des dividendes en action et pour l’instauration d’actions collectives pour éviter les «opérations choquantes ou indélicates». En matière de rémunération, le patron de Proxinvest se félicite de la politique de vote que l’Erafp vient de publier (L’Agefi du 22 mars). Quant à Georges Terrier, il propose la création d’un cadre pour la stratégie de la société, et souhaite une réflexion sur les droits et devoirs des actionnaires de référence.

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