Les producteurs d’électricité gagnent la partie sur les énergies renouvelables

Les nouvelles lignes directrices de la Commission européenne prévoient une suppression à partir de 2017 des subventions aux renouvelables
Olivier Pinaud

Le Groupe Magritte a gagné sa partie. Les nouvelles lignes directrices pour le financement de l'énergie en Europe publiées hier par la Commission européenne répondent en grande partie aux demandes formulées depuis plusieurs mois par l’association regroupant les dirigeants de douze des plus grands producteurs d’électricité européens, dont GDF Suez. Elles prévoient en effet la suppression à terme du système de subventions des énergies renouvelables.

S’il a permis l’éclosion de l’éolien ou du solaire photovoltaïque en Europe, ce système était rendu responsable par les grands groupes d’énergie de la surabondance d’électricité ces dernières années en Europe, provoquant une chute des prix de gros et un effondrement de la rentabilité des centrales thermiques des opérateurs, contraints de déprécier massivement la valeur de leurs actifs.

Ces subventions seront donc remplacées progressivement par un processus d’appels d’offres débouchant sur des primes de rachat et ouvert à tous les producteurs d'énergies renouvelables. «L’heure est venue pour les énergies renouvelables d’entrer sur le marché. L’Europe doit atteindre ses objectifs ambitieux en matière d’énergie et de climat au coût le moins élevé possible pour les contribuables et sans fausser indûment la concurrence au sein du marché unique. Cela contribuera à rendre l’énergie plus abordable pour les entreprises et les citoyens européens», a assuré Joaquín Almunia, vice-président de la Commission chargé de la politique de concurrence.

Une phase pilote étalée sur 2015 et 2016 permettra aux Etats membres de tester ces procédures de mise en concurrence sur une petite partie de leur nouvelle capacité de production d’électricité. Avant une application complète à partir du 1er juillet 2017.

Par ailleurs, les lignes directrices proposent de réduire les redevances imposées à certains secteurs électro-intensifs (chimie, papier…) pour financer les énergies renouvelables. Une façon, espère la Commission, de renforcer la compétitivité de ces secteurs face à leurs concurrents étrangers bénéficiant d’une énergie moins coûteuse.

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