Les investisseurs sanctionnent la hausse des dépenses de Google
Si Google a publié hier soir un chiffre d’affaires trimestriel supérieur aux attentes (+29% à 6,54 milliards de dollars), c’est le bond de 54% à 2,84 milliards de ses dépenses qui a suscité l’inquiétude des investisseurs. Ils craignent en effet que le nouveau directeur général Larry Page ne privilégie la croissance de l’activité du leader mondial de la recherche en ligne, au détriment de sa rentabilité. Le bénéfice par action ajusté ressort à 8,08 dollars, soit en-dessous des prévisions des analystes qui tablaient sur 8,10 dollars. Le titre s’est replié de presque 5% en après-Bourse, à 551,34 dollars.
La progression des dépenses découle notamment d’un grand nombre d’embauches et de hausses salariales dans l’ensemble de l’entreprise. Google prévoit plus de 6.000 embauches cette année, après 2.000 déjà réalisées au cours du premier trimestre, un record. Le 1er janvier, l’ensemble des salaires du groupe ont été revalorisés de 10%. «La question est de savoir si les dépenses effectuées dans les services mobiles, les réseaux sociaux ou la publicité vont conduire de façon pérenne à des marges inférieures», estime Heath Terry, analyste chez Canaccord Genuity.
Google a indiqué que le coût par clic moyen des publicités liées aux recherches avait augmenté de 8% au premier trimestre d’une année sur l’autre, mais reculé de 1% par rapport au dernier trimestre 2010. «Larry Page a clairement dit qu’il allait accroître les investissements. Si les dépenses sont ciblées et créent des sources de revenus, alors tant mieux pour lui. Sinon, cela témoignera d’une approche indisciplinée des dépenses», commente Colin Gillis, analyste chez BGC Partners. Larry Page, âgé de 38 ans et novice auprès des médias, a remplacé ce mois-ci l’expérimenté Eric Schmidt. Il ne s’est manifesté que quelques minutes lors de la conférence d’analystes suivant la publication des résultats.
En concurrence directe avec Apple dans les services mobiles et avec Facebook dans les réseaux sociaux, Google est devenu par ailleurs une cible pour les autorités réglementaires. La Commission fédérale du commerce (Federal Trade Commission) envisage de lancer aux Etats-Unis une vaste enquête antitrust, tandis que la Commission européenne soupçonne le groupe de biaiser les résultats de son moteur de recherche afin de favoriser ses activités au détriment des sites concurrents.
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