Les familles et l’Etat contrôlent le capital des sociétés cotées
Un Etat français très présent au capital des sociétés cotées. L’Hebdo des AG vient de dévoiler la première analyse sur l’actionnariat de référence des 315 premières capitalisations de la Place (CAC All-Tradable). L'étude entend par actionnaires de référence ceux qui siègent au conseil (administrateur ou censeur). Ils représentent 29% du capital dans le CAC 40, 40% dans le Next 80, mais 64% hors du SBF 120. Parmi eux, les fondateurs pèsent environ la moitié (58% dans le CAC 40 et 46% hors SBF 120). Signe que la France est un pays d’entrepreneuriat. L’Etat – en direct ou via la CDC ou Bpifrance – soutient en priorité les ETI. En effet, il détient environ 4% du capital d’une entreprise du CAC 40, 1% du capital des midcaps cotées, mais 15% d’une société du Next 80.
Néanmoins, l’Etat français fait partie du Top 10 des premiers actionnaires (en termes de participations cumulées en euros). Il arrive en cinquième position dans le CAC 40 (derrière les familles Arnault, Bettencourt, Hermès et Pinault) avec quatre lignes (pour 25,5 milliards d’euros), tandis que la CDC et Bpifrance arrivent en dixième position avec huit lignes (pour 7,7 milliards). Au sein du Next 80, l’Etat arrive en tête avec quatre lignes (46 milliards d’euros), suivi de la CDC et Bpifrance avec 13 lignes (10,7 milliards). Et hors du SBF 120, CDC et Bpifrance occupent le deuxième rang – derrière Alain Taravella (Altarea Cogedim) – avec 35 lignes (1,1 milliard d’euros).
Alliance inattendue des familles et de l’Etat. Comme ils sont des actionnaires de long terme, cela limite le risque de prise de décisions opportunistes.
Alors que le CAC 40 s’appuie sur des actionnaires de référence à 90% français, la part des actionnaires de référence étrangers (essentiellement des Européens) atteint 22,5% dans le Next 80 et près de 60% hors SBF 120.
Les actionnaires de référence, notamment avec les droits de vote double, permettent aux sociétés de maîtriser leur assemblée générale. Ils contrôlent 45% des AG 2019 déjà tenues du CAC 40, 62% de celles du Next 80 et 89% des AG hors SBF 120. Toutefois, les conflits entre actionnaires – comme cette année chez EssilorLuxottica et CGG – et les conventions réglementées, où l’intéressé est exclu du quorum, font peser des risques sur le vote de la résolution. Plus inquiétant, depuis le début de la saison, six sociétés n’ont pu soumettre au vote des conventions réglementées faute de quorum…Elles sont néanmoins appliquées.
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