Les entreprises ont dépassé des attentes modestes
Sanctionnées par les marchés au cours du second semestre 2018, en raison de l’accumulation de mauvaises nouvelles macroéconomiques et d’une litanie d’avertissements sur résultats, les sociétés cotées ont depuis repris du poil de la bête. La publication des comptes 2018, dont la saison s’achève bientôt, n’a pas infléchi la tendance.
Au 22 février, 81% des entreprises membres de l’indice américain S&P 500 et 63% de l’indice européen Stoxx 600 avaient publié leurs comptes du quatrième trimestre 2018 et de l’année. Bien que souvent en baisse par rapport à un millésime 2017 de très bonne facture, ces sociétés ont dans leur majorité fait mieux que les attentes des analystes. Selon les calculs de JPMorgan Cazenove, 71% des membres du S&P 500 ont dépassé les anticipations de bénéfice par action (BPA) au dernier trimestre 2018, de plus de 3%. Eléments notables, aucun secteur n’affiche (pour l’instant) une majorité d’entreprises ayant fait moins que le consensus. Les secteurs les plus performants sont l’industrie (87% des sociétés ont dépassé les estimations) et les technologies de l’information (83%) ; les moins performants sont les matières premières et matériaux de construction (52%) et l’énergie (50%). La croissance des BPA atteint en moyenne 13% par rapport au quatrième trimestre 2017.
En Europe, les chiffres sont moins reluisants qu’outre-Atlantique : 57% des sociétés du Stoxx 600 qui ont publié leurs comptes ont dépassé les estimations de BPA, «davantage qu’au trimestre précédent», précise JPMorgan. Les secteurs des télécommunications et des services aux collectivités affichent les meilleures performances (75% et 69% dépassent les attentes), tandis que les biens de consommation et la santé sont les deux seuls secteurs en Europe dont les entreprises déçoivent majoritairement les attentes (seuls 38% et 44% font mieux). La croissance moyenne du BPA du Stoxx 600 atteint 6%, soit 3% de plus que le consensus.
Il faut toutefois relativiser ces dépassements d’anticipations de résultats 2018 : elles font suite à une série de révisions en baisse des estimations des analystes, consécutives aux nombreux avertissements sur résultats des entreprises annoncés au second semestre. Pour les valeurs européennes, «nous avons souligné qu’une grande partie de la surperformance nette trouvait ses origines dans une cascade subite de dégradations de consensus de BPA peu avant les résultats. Parmi les dépassements les plus importants, certains ont concerné les secteurs qui ont connu les plus fortes dégradations (par exemple l’énergie et les matières premières et matériaux de construction)», indique Morgan Stanley.
Les tendances négatives, qui pèsent en particulier sur les entreprises européennes, ont été dans l’ensemble prises en compte par les marchés au gré des chutes des titres à partir de l’été dernier. «La toile de fond demeure sombre pour les actions européennes, mais les valorisations reflètent probablement déjà en grande partie ces tendances négatives. […] L’activité est terne mais devrait approcher du creux, tandis que les principaux indicateurs nationaux (marché du travail, climat financier, politique fiscale) tiennent bon, les tensions sur les marchés émergents reculent et la baisse de l’euro se transforme en atout», estime la recherche actions de Barclays.
A telle enseigne que les valeurs ont rebondi depuis le début de l’année 2019 : nombre de courtiers ont estimé ces sanctions exagérées, notamment lorsqu’une mauvaise nouvelle d’un émetteur faisait chuter l’ensemble du secteur, dans la distribution ou l’automobile par exemple. Le S&P 500 et le Stoxx 600 se sont respectivement adjugé 11,3% et 10%.
Plus d'articles du même thème
-
A Bruxelles, la consultation sur MiCA est étendue jusqu'à fin septembre
Des remaniements au sein de la direction européenne de la stabilité financière et des services financiers, la Fisma, repousseraient d’un mois la date de fin des consultations concernant le règlement sur les cryptoactifs MiCA. -
La BRI s’inquiète des effets macroéconomiques de l’IA à moyen terme
Pertes d’emplois, éclatement de la bulle financière, consommation excessive d’électricité… Si le déploiement de l’intelligence artificielle s’opère mécaniquement, les conséquences négatives pourraient excéder les avantages attendus, estime la Banque des règlements internationaux. -
CVC rachète le fabricant d'ingrédients alimentaires Irca à Advent
Le fonds américain s’apprête à s’emparer d'Irca, spécialiste italien des ingrédients alimentaires, tandis que le secteur enchaîne acquisitions, refinancements et opérations de consolidation.
ETF à la Une
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
Charme de l'ancienL’émir Al Thani s’offre la villa et le volcan de Berlusconi en Sardaigne
En rachetant Villa Certosa pour environ 350 millions d’euros, la famille royale du Qatar acquiert bien plus qu’une résidence de luxe en Sardaigne : le principal décor de la mise en scène du pouvoir selon Silvio Berlusconi -
Interview« Nous invitons les entrepreneurs français à regarder vers le Qatar »
Le patron du fonds qatari Qatar Development Bank, en quête d'influence mondiale, invite les start-up françaises à s’implanter sans relocaliser -
Tribune libreFait maison : « Voulons-nous permettre aux consommateurs d'identifier les établissements qui cuisinent réellement ? »
Franck Chaumès (Umih), le président de l’Umih Restauration, défend l'affichage du fait maison pour protéger les restaurateurs indépendants et leur savoir-faire