Les effets de change ont freiné l’activité de Nestlé et de Roche à fin mars

La force de la devise helvétique a respectivement coûté 8,6 points de croissance au géant agroalimentaire et 6 points au laboratoire pharmaceutique
Yves-Marc Le Réour

L’activité de Nestlé a pâti de l’évolution défavorable des taux de change qui ont amputé la croissance du groupe agroalimentaire de 8,6 points au premier trimestre. Son chiffre d’affaires a ainsi reculé de 5,1% à 20,8 milliards de francs suisses, un niveau inférieur de 3% à la prévision du consensus. La croissance organique de 4,2%, hors effets de change et acquisitions, ressort légèrement supérieure à celle de 4,1% attendue par les analystes grâce au dynamisme des zones émergentes (+8,5% contre +0,6% sur les marchés développés).

Mais cette hausse reste en retrait par rapport à la croissance organique de 4,3% du premier trimestre 2013 et à celle de l’ensemble de l’exercice (+4,6%). Le bureau d’analyse de Natixis relève notamment que «la nutrition est un peu faible à +6,4% en organique, en partie en raison de la fin de contrats aux Etats-Unis jugés peu rentables et peu générateurs de croissance par le management».

L’impact négatif des changes est également à l’origine du repli de 1% du chiffre d’affaires de Roche à 11,5 milliards de francs suisses sur les trois premiers mois de l’année, en dépit du démarrage commercial satisfaisant de ses nouveaux traitements anticancéreux. Les analystes tablaient en moyenne sur un chiffre d’affaires de 11,9 milliards. La dépréciation du dollar, du yen et de plusieurs devises latino-américaines a globalement ôté 6 points de croissance à son chiffre d’affaires sur la période.

Hors effets de change, les ventes du groupe ont progressé de 5%, stimulées par «une performance largement au-dessus du marché de la division Diagnostic (+7% contre +4%)», notent les analystes de CM-CIC Securities. La croissance organique de la pharmacie s’élève à 4% (+3% aux Etats-Unis, +5% en Europe et +19% au Japon).

Les deux groupes suisses ont cependant confirmé leurs prévisions pour l’ensemble de l’exercice. Grâce à de meilleures conditions d’activité attendues au second semestre, Nestlé prévoit une croissance organique annuelle d’environ 5%, accompagnée d’une amélioration de ses marges et du bénéfice par action courant à taux de change constants.

Le laboratoire bâlois anticipe de son côté une progression de son chiffre d’affaires «dans la partie basse à moyenne de la plage à un chiffre» à taux de change constants. Son bénéfice par action devrait croître plus rapidement que les ventes, ce qui lui permettra d’augmenter son dividende.

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