Les chefs d’entreprise britanniques touchent toujours plus
Un PDG d’un groupe du FTSE 100 - indice des 100 plus grosses entreprises du Royaume-Uni - a gagné en moyenne 5,48 millions de livres en 2015, soit 129 fois plus que la rémunération moyenne d’un salarié de son entreprise. Ce sont les résultats de l’étude menée par le High Pay Centre, qui met en évidence une augmentation soutenue des rémunérations des dirigeants ces dernières années. En 2014, le salaire moyen d’un PDG d’une entreprise du FTSE 100 était de 4,964 millions de livres, et de 4,129 millions de livres en 2010.
Le rapport du think tank calcule montre que la médiane des salaires des dirigeants était de 3,973 millions de livres en 2015, contre 3,391 millions en 2010. L’évolution plus lente de la médiane par rapport à la moyenne montre que la progression est portée par un petit groupe de PDG bien rémunérés. Le patron le mieux payé reste Sir Martin Sorell, à la tête de WPP, avec un salaire de 70,416 millions de livres - en hausse de 63% par rapport à 2014 - suivi par le PDG de Berkeley, Tony Pidgeley, avec 23,296 millions de livres. Le club des PDG bien rémunérés est essentiellement masculin : aucune femme n’est dans le top 10 des patrons les mieux payés depuis les trois dernières années.
Stefan Stern, directeur du High Pay Centre, reconnaît qu’il «ne voit pas de fin» à la hausse des rémunérations des dirigeants d’entreprise. Toutefois, ces rémunérations sont contestées par une partie de plus en plus importante des actionnaires, une tendance récente selon le rapport. Dans deux entreprises du FTSE 100, une majorité d’actionnaires ont voté contre la rémunération accordée à leur PDG en 2015. Ainsi, en avril, 60% des actionnaires de BP ont voté contre la rémunération du PDG Bob Dudley, d’environ 13,296 millions de livres. Le vote n’étant que consultatif, la rémunération a quand même été accordée, faisant de Bob Dudley le 6e PDG le mieux rémunéré du Royaume-Uni.
Des réactions sont également apparues au niveau politique. Theresa May a déclaré le 11 juillet dernier qu’il existait un «fossé irrationnel, malsain et croissant» entre le management et les salariés des entreprises britanniques. Elle a ainsi plaidé pour une meilleure représentativité salariale au conseil d’administration des entreprises. Actuellement, seulement une entreprise du FTSE 100 a un représentant des salariés à son conseil. Elle a également souhaité donner un véritable pouvoir au vote des actionnaires sur la rémunération des dirigeants, celui-ci n'étant que consultatif à l’heure actuelle.
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