L’écart de rémunération entre dirigeants et salariés britanniques se creuse
Dans le viseur des régulateurs et des politiciens depuis la crise financière, les rémunérations des dirigeants des 100 plus grandes entreprises cotées britanniques sont pourtant restées très élevées. Selon une étude publiée hier par le think tank High Pay Centre, le salaire moyen du directeur général d’une entreprise du FTSE 100 est passé de 4,923 millions de livres en 2013 à 4,964 millions l’an dernier (2010 : 4,129 millions).
Comme en 2013, Martin Sorrell, directeur général du groupe publicitaire WPP, s’est arrogé la première place des dirigeants les mieux rémunérés du FTSE 100, avec des émoluments de 42,97 millions de livres. Tidjane Thiam, anciennement à la tête Prudential, a fait son entrée à la 5e place du Top 10 avec 11,834 millions de livres, suivi par Antonio Horta-Osorio, directeur général de Lloyds Banking Group (11,544 millions de livres), également nouveau venu dans le cercle restreint des dix directeurs généraux de sociétés cotées les mieux payés outre-Manche.
Plus inquiétant selon le High Pay Centre, l’écart de rémunération entre patrons et salariés n’a cessé de se creuser : la rémunération moyenne du directeur général d’une entreprise du FTSE 100 a représenté l’an dernier 148 fois celle de ses salariés, comparé à 146 fois en 2013. Au final, les directeurs généraux des grosses entreprises cotées britanniques gagnent en moyenne 183 fois plus qu’un salarié, tous secteurs d’activité confondus outre-Manche. Or, ce ratio était de 182 en 2013 et de 160 en 2010.
Pour le High Pay Centre, cette constatation est le signe que la réforme sur les rémunérations des dirigeants, introduite en octobre 2013 par le gouvernement de coalition, n’a pas encore eu de retombées significatives. Cette loi, (Enterprise and Regulatory Reform Act 2013) contraint les entreprises cotées britanniques à publier un chiffre unique sur la rémunération de ses dirigeants et autorise désormais les actionnaires à procéder à deux types de vote : un vote consultatif annuel sur les pratiques et un vote contraignant tous les trois ans sur la politique de rémunération.
Or, rappelle l’étude, une majorité d’actionnaires s’est opposée au rapport de rémunération dans seulement deux entreprises l’an dernier : Burberry et Intertek. Par ailleurs, la politique de rémunération des entreprises du FTSE 100 n’a pas encore été remise en cause par une majorité d’opposants depuis l’introduction du vote contraignant.
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