Les biotechs françaises appellent l’industrie financière à les financer
«Dans les biotechs, le cercle vertueux du financement s’est mis en route depuis sept ans, s’est félicité Marc Le Bozec, président de la commission corporate finance de France Biotech, et directeur financier de Cellectis, lors d’une table ronde. Avec plus de 40 biotechs ou medtechs cotées à Paris, le secteur commence à avoir une taille critique». De 2007 à 2012, il est le seul compartiment à avoir réalisé des entrées en Bourse chaque année, dont cinq des huit IPO depuis le début de l’année. Sans compter l’important vivier d’entreprises à introduire.
Néanmoins, le secteur reste moins mature qu’aux Etats-Unis. «En Europe, les levées de fonds sont en moyenne de 24 millions d’euros, pour une capitalisation de 96 millions, des niveaux deux fois plus faibles qu’aux Etats-Unis», explique Christophe de Lylle, président d’Actifin. Faute de financements, «les biotechs françaises entrent en Bourse plus tard qu’aux Etats-Unis, à des niveaux de développement plus faibles, et lèvent beaucoup moins de fonds», constate Marc Le Bozec.
De plus, «les actionnaires existants – les capitaux risqueurs – voient trop souvent l’introduction en Bourse comme une voie de sortie, au lieu d’y voir une nouvelle étape de financement», renchérit Yannick Petit, président d’Allegra Finance.
L’univers actuel des investisseurs se limite essentiellement aux fonds spécialisés. Aussi, les biotechs veulent drainer plus largement les gestions françaises, mais aussi les investisseurs étrangers. «La gestion privée – dont les family offices – prend une part de plus en plus importante dans le secteur, notamment en Suisse», constate Olivier Streichenberger, responsable de la vente primaire chez Dexia Securities France.
Lors des IPO à Paris, les particuliers ont un coefficient de sursouscription largement supérieur à celui des investisseurs institutionnels, constate Christophe de Lylle. Et parmi les 4,1 millions d’actionnaires individuels en France, les 343.000 particuliers détenteurs d’un portefeuille de plus de 75.000 euros, constitué pour plus d’un quart de midcaps, constituent la cible idéale pour les biotechs et medtechs.
Dans un secteur caractérisé par de longs cycles de développement, Marc Le Bozec propose de créer des fonds à horizon 20 ans, avec une exigence de rendement annuel de 5 à 7%, convenant «d’en finir avec l’illusion d’un rendement annualisé supérieur à 25%».
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