Les biotech belges se distinguent sur Euronext
Grand écart boursier chez les biotech européennes. Euronext a publié un baromètre d’analyse des 50 biotech cotées sur le marché paneuropéen. En particulier, l’étude pointe les disparités géographiques en terme de performances boursières. Si celle des biotechs françaises sont en repli de 13,6% au premier semestre, les belges sont en hausse de +65%. La capitalisation des biotech belges surpasse également la moyenne européenne.
Selon Didier Géneau, délégué général de France Biotech, la surperformance de la Belgique sur la France est loin d’être un hasard. «L’écosystème belge est en avance d’un ou deux ans sur celui que nous avons en France. Les sociétés belges sont beaucoup plus mûres, que ce soit en terme de taille, de levée de fonds ou d’avancée dans les phases d’essais cliniques.» Signe de la vivacité des biotech belges, deux OPA ont été menées sur deux d’entre elles au premier semestre : Sanofi a racheté Ablynx pour 3,9 milliards d’euros, et Takeda, TiGenix pour 520 millions d’euros.
Environnement plus favorable outre-Quiévrain
Pour les sociétés du domaine de la santé, «l’environnement belge est très performant, grâce à une fiscalité avantageuse, des facilités de financement public et de transfert de technologies des universités vers les entreprises. L’administration y est plus fluide, avec des délais de réponse pour les essais cliniques très rapides». Certaines biotech françaises n’hésitent plus à aller pratiquer leurs essais cliniques directement en Belgique.
La France ne devrait pas attendre longtemps avant de suivre l’exemple de la Belgique, lorsque les biotechs nationales seront plus matures. DBV, cotée à l’Euronext et au Nasdaq, par exemple, arrivera bientôt dans une «phase adulte». Cela implique souvent le rachat par un grand laboratoire, car les coûts liés à la commercialisation d’un médicament atteignent des hauteurs difficilement accessibles.
Alors que les biotech cotées sur Euronext ont levé 890 millions d’euros au premier semestre, l’investissement reste risqué. En mai, le finlandais Faron a perdu 90% en bourse suite à la sortie de mauvais résultats cliniques. Didier Géneau relativise. Les investisseurs «[les] regardent car ce sont des marqueurs forts. Mais un échec ne signifie pas qu’un médicament est inefficace. L’explication tient souvent à une méthodologie de tests mal cadrée. Lorsque l’on regarde en arrière, vers les biotech qui ont réussi aux Etats-Unis, on observe une succession d’essais réussis et d’essais ratés».
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